Blond cendré

Blond cendré

Mon coup de cœur cette année !

J’emploie rarement l’expression « coup de cœur », et j’ai beau lire beaucoup, je n’en ai pas tant que ça. Mais là, la question ne s’est même pas posée. Ce livre est magnifique. C’est juste une évidence. Rien que pour le plaisir de la langue, voici le tout début du texte :

Je me souviens de m’être brossé les cheveux, d’avoir fixé la neige sur le balcon. C’était si apaisant de flotter au milieu de la neige et de téléphoner à l’homme que j’aime. Je t’ai dit que je ne viendrais pas ce soir. Tu n’as pas insisté, toi aussi tu étais fatigué. C’était après les fêtes, le troisième vendredi de janvier. Quelque chose d’écœurant stagnait dans l’air. Mais pas en nous. Nos deux corps restaient en dehors du monde. Nos corps préservés, à l’abri des mois qui filaient, amoureusement intacts. Je sais que tu as regardé la fougère que je t’ai offerte, les feuilles qui se sont épanouies cet été. Tu t’es couché en pensant que j’étais heureuse. Oui, j’étais heureuse. D’ailleurs je me souviens de t’avoir parlé de notre mariage. Tu m’as fait rire lorsque tu m’as répondu que l’on devrait commencer par vivre ensemble, avant l’église et ma robe extravagante. Pourquoi n’ai-je pas eu le courage de te rejoindre ? Maintenant, c’est trop tard. Il fait froid et je suis glacée. J’aimerais sentir le poids de mon corps sur le canapé, la fluidité de mon souffle. J’aimerais garder ta main dans mes cheveux et la serrer au moment où la neige coule au bout de mes mèches. Je te m’ai souvent répété, tu es l’homme de ma vie, et j’ai choisi, et tu seras le dernier.

D’un côté, il y a Maurizio, et son histoire à Rome pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa rencontre avec la belle Alba, aux cheveux blonds cendrés. Sa déportation. Sa volonté de ne jamais oublier la jeune femme.

De l’autre côté, la petite-fille de Maurizio, Flore. Et un drame, qui arrive… Comme le dit l’auteur, Flore oppose à la tragédie la force d’une déclaration d’amour.

Sur le bandeau de la couverture, cette très belle phrase : « Si les morts parlent aux vivants, c’est pour leur apprendre comment vivre et ne se souvenir que de l’amour. » C’est un roman d’amour, c’est un roman tragique, c’est un roman d’espoir, c’est magnifiquement écrit.

Blond cendré, Éric Paradisi, JC Lattès, 2014

Challenge de A à Z 2016

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