La petite femelle – NetGalley

La petite femelle

Un livre-claque comme on en rencontre trop peu.

Un roman qui se veut plus que ça, une véritable enquête pour réhabiliter Pauline Dubuisson, accusée et condamnée pour le meurtre de son ex-fiancé, Félix, au début des années cinquante. Philippe Jaenada ne remet pas en cause le fait que c’est bien Pauline qui a tiré sur Félix, elle a reconnu son acte et les preuves ne manquent pas.

En revanche, rien ni personne n’ont permis à la jeune femme (elle est âgée de 26 ans à l’époque) de pouvoir se défendre correctement. Ni son enfance et son adolescence, traumatisantes en ces temps de guerre, ni son éducation, n’ont été prises en compte de manière objective lors de son procès, qui a davantage tourné à la chasse aux sorcières qu’autre chose. Aucun de ses appels à l’aide n’a été entendus (plusieurs tentatives de suicides qui relevaient davantage pour les journalistes et les tribunaux de manières théâtrales qu’autre chose). C’est une véritable tragédie et descente aux enfers que la vie de cette jeune et brillante étudiante qui s’est retrouvée prise dans un engrenage monstrueux. Dans ce livre, on en veut aux journalistes, aux membres des tribunaux, à l’entourage de Pauline et Félix, au monde entier. On se demande comment des aberrations aussi énormes ont pu passer, comment l’espèce humaine peut se révéler aussi déshumanisée.

Et en même temps, Pauline, c’est une femme qui garde la tête haute, qui cache ses souffrances, qui essaye, tant bien que mal, d’aller de l’avant. Et la fin de sa vie, c’est sur un fil. Elle aurait pu tomber du bon côté, et non pas oublier tout ce qui s’est passé dans le passé bien sûr (les brimades, être tondue à la Libération, le meurtre, le procès, la prison…), mais peut-être réussir à vivre avec. Malheureusement, c’est loin de finir comme un conte de fées.

Ne croyez pas après que c’est un livre plombant, bien au contraire, la plume de Philippe Jaenada laisse passer des sourires voir même des éclats de rire, qu’on refrène un peu, mal à l’aise, mais qui permettent de prendre une grande respiration.

Un livre à conseiller bien sûr.

La petite femelle, Philippe Jaenada, Julliard, 2015

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