Parutions de la semaine – 02/02/2015

Chaque dimanche, je vais faire un point sur les sorties de la semaine qui m’intéressent, en m’aidant du Livres Hebdo si j’arrive à l’avoir à temps ou en allant sur les sites des éditeurs que je suis.

Et tu n’es pas revenu, Marceline Loridan-Ivens, Grasset : « J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

Une carte postale de la lune, Stewart Foster, Grasset : Tom et Jack ont 18 ans. Ils sont frères jumeaux. Ils sont inséparables. Et ils sont orphelins. Il y a six ans, leur père est parti sur la lune, en mission secrète pour le compte des Soviétiques, à bord d’une fusée Soyouz… Du fin fond de l’espace, ils ont reçu de lui des cartes postales, précieusement archivées dans le grand Livre qu’ils écrivent ensemble. Jusqu’au jour où ils ont voulu rejoindre ce père énigmatique et farfelu, et où leur vie a soudain basculé.
Le problème, c’est que les choses ne se sont peut-être pas tout à fait passées ainsi, du moins pas comme se l’imaginent et se le racontent les deux frères… L’autre problème, c’est que Tom et Jack ne sont pas deux, mais une seule et même personne…
Une carte postale de la lune est une plongée vertigineuse au cœur de la folie, une ode aux mystères de l’enfance et aux pouvoirs de l’imagination, racontée par un narrateur dont on n’est pas prêt d’oublier la voix extraordinaire – celle d’un Petit Prince qui se serait envolé au-dessus d’un nid de coucou.

Thomas et son ombre, Thomas Stern, Grasset : « Je n’ai connu Thomas que mort. C’était mon oncle, membre des FTP-MOI. En 1944, il a été fusillé à dix-neuf ans avec ses camarades du groupe Manouchian, deux ans avant ma naissance. Mais mort ou pas, dieu sait si je l’ai connu : je suis né dans les pleurs de sa mère, le chagrin des siens, le culte de l’Affiche Rouge sur laquelle il figure. On m’a donné son prénom et j’ai même porté son nom. Son ombre n’a cessé de me suivre, moi le vivant, lui le fantôme.
Ce livre est écrit pour que Thomas reprenne vie. Pour que s’approchant de vous, il s’éloigne de moi. »

Simple perfection, Abbi Glines, JC Lattès : Alors que Woods était promis à un avenir tout tracé, il a tout sacrifié pour Della. Pourtant, à la mort soudaine de son père, il doit s’occuper de l’entreprise familiale et de sa mère.
De son côté, toujours confrontée à ses vieux démons, Della craint par-dessus tout de ne pas être à la hauteur pour soutenir Woods. Pour le protéger, elle hésite à partir. Mais peut-elle se séparer de la seule personne qui donne encore un sens à sa vie ?

Élémentaire, mon cher Voltaire !, Frédéric Lenormand, JC Lattès : Qui en veut à la marquise du Châtelet ? Sa servante assassinée, la voilà aux prises avec la police. Voltaire vole à son secours pour dénouer une intrigue où s’entremêlent la couture, l’horlogerie et le commerce des poupées. Prêt à tout, virevoltant, multipliant les mots d’esprit, notre San Antonio des Lumières nous entraîne une nouvelle fois dans une folle sarabande. Depuis les salons parisiens jusque dans les taudis sous les ponts de la Seine, il déjoue la mécanique du crime, tire son épingle du jeu et démontre une fois de plus que, pour un philosophe comme lui, découvrir la vérité n’est qu’un jeu d’enfant.

Dépendance Day, Caroline Vié, JC Lattès : « Je me laisse tomber sur un banc, le souffle court. Je ne sais plus où je suis. À Paris. Dans une rue. Elles se ressemblent toutes. J’ai rendez-vous. Je suis perdue. Je tente de me calmer. La respiration abdominale n’a pas été inventée pour les caniches, comme dirait ma copine Véronique. Inspirer. Expirer. Je me répète la date, mon nom, celui de mon mari, de ma meilleure amie et du président de la République. Commence à m’apaiser.
Ce n’est pas pour aujourd’hui. Ça n’a pas encore commencé. Je me suis juste égarée. Non, ce n’est pas pour maintenant. La malédiction qui a abattu ma grand-mère et ma mère ne m’a pas encore frappée. »
Elles s’appellent Lachésis, Clotho et Morta, comme les Trois Parques. Elles filent leurs propres vies, entre joies familiales et blessures d’adultère. De génération en génération, surtout, elles se transmettent le même rouet, la même malédiction : l’oubli, la folie, la perte de soi – ce que l’on appelle aujourd’hui Alzheimer. Clotho a dû enfermer Lachésis. Morta, la narratrice, sait qu’un jour elle devra à son tour enfermer Clotho.
De mère en fille, le même amour, la même impuissance.

Le fil de Yo, Caroline Tiné, JC Lattès : À tout juste trente ans, la frêle Yo est infirmière dans une clinique psychiatrique de la banlieue ouest de Paris. Par son écoute, sa douceur et sa sensibilité, elle offre une alternative aux méthodes exclusivement scientifiques des psychiatres et parvient à soulager ses patients dépressifs, bipolaires ou schizophrènes. Son quotidien, Yo le partage entre la clinique et l’Enclume, le bar au pied de l’immeuble dans lequel elle occupe une petite chambre de bonne. Après ses longues heures de travail, c’est là qu’elle trouve refuge, sous l’œil bienveillant de Dominique, le patron.
En réalité, cet équilibre est précaire : il ne tient qu’à un fil, ce fil auquel Yo se raccroche et qui lui indique la direction à suivre. L’arrivée d’une nouvelle patiente, qui se sent perdre pied, suffit à faire vaciller l’assurance de l’infirmière.

Les corps inutiles, Delphine Bertholon, JC Lattès : Clémence vient d’avoir quinze ans, de terminer le collège. Un nouveau cycle s’ouvre à elle, lorsqu’elle est agressée, en plein jour et en pleine rue, par un inconnu armé d’un couteau. Ce traumatisme inaugural – même si elle n’en a pas encore conscience – va contaminer toute son existence. En effet, l’adolescente réalise qu’elle perd progressivement le sens du toucher…
À trente ans, Clémence, toujours insensible, est une célibataire endurcie, solitaire et sauvage. Après avoir été maquilleuse de cinéma, la jeune femme se retrouve employée de la « Clinique », une usine d’un genre particulier. En effet, la Clinique fabrique des poupées… mais des poupées grandeur nature, hyper-réalistes, destinées au plaisir – ou au salut – d’hommes esseulés.
Le roman déroule en alternance l’histoire de Clémence adolescente, hantée par cette agression dont elle n’a jamais osé parler à sa famille, et le récit de Clémence adulte, assumant tant bien que mal les conséquences, physiques et psychologiques, de son passé.
Mais la vie, comme toujours, est pleine de surprises

Jeux dangereux tome 3, Pas de deux, Emma Hart, Hachette : Abbi est hantée par ses démons du passé. Black n’a pas pansé ses blessures d’enfance. Ensemble ils veulent retrouver le goût de vivre. La danse est le seul moyen pour Abbi de combattre la dépression qui l’étouffe à longueur de journées. Black a quitté Londres pour fuir son passé, et les souvenirs qui le guettent à chaque coin de rue. À son arrivée à New York, il rencontre Abbi, la fille dont les yeux sont emplis d’un monde de souffrance. Une souffrance qu’il ne connaît que trop bien. Alors que chaque heure passée en compagnie l’un de l’autre les rapproche, Blake ne peut résister à son besoin de la sauver d’elle-même. À mesure que leur passé est peu à peu mis à nu, il leur faut déterminer si leurs blessures sont irrémédiables ou si chacun possède le remède capable de guérir l’autre.

Ella et Micha, tome 4, La tentation de Lila et Ethan, Jessica Sorensen, Hachette : Aux yeux de tous, Lila n’a aucun défaut. C’est qu’elle est prête à tout pour dissimuler ses plus sombres secrets. Même si cela finit souvent très mal. Chaque fois qu’elle touche le fond, une seule personne est capable de la sortir du gouffre, Ethan. De son côté, Ethan a fixé les règles depuis longtemps : Lila et lui sont amis, rien de plus. D’ailleurs, entre le bad boy tatoué et la princesse au sourire étincelant, qu’y a-t-il en commun ? Pourtant, il doit reconnaître qu’il est plus proche d’elle que de quiconque… C’est d’ailleurs pour cela qu’il se tient sur ses gardes. Il a appris à ses dépends que ce genre d’attachement ne pouvait être que douloureux. Mais lorsqu Lila tombe plus bas que jamais, Ethan peut-il se contenter d’agir en simple ami ? Et peut-il lui aussi prendre le risque de tomber… amoureux ?

L’assassin royal, Deuxième époque, tome 1, Robin Hobb, J’ai Lu : Quinze ans ont passé. Umbre le mentor, Astérie la ménestrelle et le fou viennent troubler la retraite de Fitz, le suppliant de revenir à la citadelle de Castelcerf : le fils de Kettriken, le prince Devoir, a disparu. Fitz s’engage dans de nouvelles aventures…

Une enquête de Francesca Cahill, Tome 2 : Un suspect embarrassant, Brenda Joyce, J’ai Lu : Francesca Cahill se fiche des grincheux qui voudraient la confiner dans un boudoir. Ne leur en déplaise, elle sera détective ! Et sa prochaine affaire promet d’être passionnante. D’autant qu’elle va revoir Rick Bragg, le séduisant préfet de police. N’ont-ils pas échangé un baiser brûlant ? Mais pourquoi feint-il de ne plus s’en souvenir ? Tant pis, elle doit se concentrer sur son enquête qui l’entraîne dans les bas-fonds de New York. Francesca s’obstine, fouine et finit par découvrir le coupable… à défaut de trouver l’homme de sa vie.

Nosfera2, Joe Hill, J’ai Lu : Quand Victoria enfourche son vélo et passe sur le vieux pont derrière chez elle, elle en ressort où elle le souhaite. Charles possède également un don particulier. Grâce à sa vieille Rolls Royce, il peut emmener les enfants vers un parc d’attractions où Noël est fêté tous les jours. Victoria et Charles vont s’affronter dans un monde peuplé d’images sorties des plus horribles cauchemars.

Dans l’océan de tes yeux, Nora Roberts, J’ai Lu : À la mort de son père, Cameron Quinn apprend l’existence d’un petit frère adopté. Que faire de Seth sinon l’élever en souvenir du couple qui l’a jadis lui-même recueilli ? Bien sûr, il ne s’agit que d’une mesure provisoire… Renonçant à son univers d’exploits sportifs, de voyages et de conquêtes féminines, Cameron part s’installer à St. Christopher, ville côtière du Maryland. Il y rencontre Anna, l’assistante sociale chargée du dossier de Seth, avec laquelle il entretient bientôt une liaison. Si Cameron se dit volontiers infidèle, il en sera vite détrompé…

L’amant de mes songes, Robin Schone, J’ai Lu : Véritable don juan, Michel des Anges est un célibataire convoité. Nombre de femmes s’abandonnent aux délices de sa compagnie. Sa vie bascule lorsqu’un incendie le défigure à jamais. Toutes le fuient désormais. Excepté Anne Aimes. Frustrée par une vie austère, elle cherche en Michel un professeur habile et expérimenté. Très vite, ce dernier découvre chez Anne une volupté insoupçonnée qui éveille en lui d’intenses émotions. Pourtant, Anne joue avec le feu, car Michel prépare depuis des années son effroyable vengeance…

Les enfants qui fuient, Barbara Cartland, J’ai Lu : Lorsque Kyla apprend que sa belle-mère, Lady Shenley, projette de tuer Terry son petit frère pour s’approprier sa fortune, elle décide de fuir. Avec son frère, ils vont se réfugier à Lilliecote Castle, où travaille Nanny, leur ancienne gouvernante. Bien sûr, elle les accueille à bras ouverts. Mais la prudence s’impose : nul ne doit deviner leur identité. Et surtout pas le maître des lieux, le comte de Granston. Difficile, cependant, de ne pas attirer l’attention du comte, quand on est aussi jolie que Kyla…

Altérée, J. L. Mac, J’ai Lu : J’ai vingt-cinq ans, je gère une librairie de Las Vegas. Je m’appelle Joséphine, mais je préfère qu’on m’appelle Jo. Depuis le décès de mes parents, survenu bien des années plus tôt, je me sens lasse, indifférente à tout ce qui m’entoure. Ma seule échappatoire ? Les hommes. Le flirt. La luxure. Le sublime Damon, que j’ai rencontré par hasard entre deux piles de livres, tombe d’ailleurs à pic. Je me noie dans ses yeux, et son corps de rêve m’évoque la sensualité même. Dans ses bras, j’oublierai tout le temps d’une nuit, une seule. Mais s’il bouleversait mes certitudes à tout jamais ? Si j’étais prisonnière de mon propre désir ?

L’aventurier, Sabrina Jeffries, J’ai Lu

Dans les bras d’une héritière, Maggie Robinson, J’ai Lu : Depuis un an, Louisa Stratton sillonne l’Europe au volant de sa voiture. Pour jouir d’une telle liberté, la jeune héritière a dû écrire à sa famille qu’elle s’était mariée. Sauf que maintenant elle doit revenir en Angleterre au bras de Maximilian, l’époux parfait… qui n’existe pas. Heureusement, l’agence Evensong va lui en fournir un : le capitaine Charles Cooper, ex-officier de la guerre des Boers. Louisa déchante en faisant sa connaissance. Comment cet individu imbibé de gin pourrait-il incarner le très aristocratique Maximilian ? Elle ignore que Charles a bien des talents cachés et qu’à Rosemont, le domaine où règne sa terrible tante, il sera son seul rempart contre un terrible complot…

Dumas, le conte noir, Tom Reiss, J’ai Lu : La vie du général Dumas, père d’Alexandre Dumas à qui il inspira de nombreux personnages. Le journaliste retrace la trajectoire mouvementée de ce fils d’un banquier français et d’une esclave de Saint-Domingue qui fut promu général sous la Révolution et dirigea des troupes en Egypte, avant d’être emprisonné sur ordre de Bonaparte pour avoir dénoncé le massacre de Jaffa.

La maison de terre, Woodie Guthrie, J’ai Lu : Au Texas, dans les années 1930, Tike et Ella May Hamlin sont de jeunes agriculteurs. Enceinte, Ella May ne peut plus vivre dans leur cabane délabrée, envahie par les insectes. En manque d’argent, ils tentent de garder espoir.

Plus vite que son ombre, Tom McNab, J’ai Lu : À la fin du XIXe siècle, à Canyon City, le jeune cow-boy Buck Miller s’inscrit à la course à pied prévue pour la grande fête de la ville. Grand favori, il est pourtant mis au défi par le professeur Moriarty qui prétend pouvoir le faire battre par n’importe quel individu grâce à sa nouvelle méthode d’entraînement.

Ministrose, Thomas Gayet, J’ai Lu : Pour garder son poste dans une agence de presse sans grande envergure, le journaliste Elliott Perez accepte d’enquêter sur l’événement politico-médiatique du moment : le suicide du ministre du travail après une campagne de presse sur l’affaire de corruption à laquelle il a été mêlé.

Plein gaz, Joe Hill et Stephen King, J’ai Lu : Sur une route du Nevada, en plein milieu du désert, un gang de motards est pris en chasse par un camion qui les élimine un à un. La seule solution pour sauver sa peau est de ne jamais ralentir. Une histoire inspirée par Duel de S. Spielberg.

L’hyper Justine, Simon Liberati, J’ai Lu : Décembre 2007, Pierre al-Hamdi, petit escroc cogneur de femmes, cherche une fille à aimer ou à rançonner dans le faubourg Saint-Honoré. Fasciné par une jeune Anglaise, il découvre qu’elle est mêlée à un curieux projet cinématographique : le scénario du film, librement inspiré de Sade, raconte l’histoire de la mort de sa mère, mannequin volant, assassinée au Yémen…

Une nuit : la promesse, Jodi Ellen Malpas, City : Livy le remarque dès qu’il entre dans le café : magnifique, avec un beau visage aux yeux bleus. Quand Miller s’en va, la jeune femme pense qu’elle ne le reverra jamais. Jusqu’à ce qu’elle trouve son petit mot laissé sur une serviette. Ce qu’il veut, c’est passer une seule nuit avec elle. Pas de sentiments, pas d’engagement, juste du plaisir. Il est sûr de lui. Odieux mais bien élevé. À son contact, Livy est fascinée : il éveille quelque chose de profond et d’addictif. Mais elle sent que derrière les voitures de sport, les costumes sur mesure et l’appartement luxueux, il y a aussi de la douleur et de la souffrance. Pour posséder cet homme intriguant, corps et âme, elle va devoir affronter les secrets de Miller. Fouiller dans son passé et briser ses défenses jusqu’à devenir… son obsession.

Le meilleur, Bernard Malamud, Rivages : Premier roman de Bernard Malamud, Le Meilleur est un « Great American Novel », inédit en français. Texte culte, légendaire, admiré de Philip Roth, Don Delillo ou Chad Harbach, il est considéré en Amérique comme un chef-d’oeuvre dès sa parution en 1952. Le livre évoque le parcours atypique de Roy : joueur de baseball prometteur, sa carrière s’interrompt en un coup de feu tiré par sa maîtresse. Mais dix ans plus tard, par la grâce de l’American Dream, Roy devient le meilleur joueur du pays, un héros surpuissant, qui semble invincible.

Qui va là !, Hadrien Laroche, Rivages : Le récit subtil et acéré des ambiguïtés d’une amitié amoureuse entre deux êtres au passé douloureux dans le cadre cosmopolite d’une université d’outre-Atlantique.

Cette nuit-là, Chevy Stevens, L’Archipel : Adolescente, Tonie Murphy a une vie compliquée entre un petit ami, Ryan, qu’elle adore, des parents avec qui la relation est conflictuelle et des camarades de classe qui lui mènent une vie d’enfer.
Sa vie tourne au cauchemar quand sa sœur cadette est assassinée une nuit d’été. Tonie et Ryan sont reconnus coupables de meurtre et envoyés en prison.
Aujourd’hui âgée de 34 ans, Tonie se retrouve en liberté conditionnelle. De retour dans sa ville natale, elle essaie de reprendre une vie normale.
Mais rien n’est facile. Elle a interdiction de revoir Ryan, sa mère doute de son innocence et le groupe de filles qui lui a mené la vie dure au lycée la harcèle de nouveau.
Surtout, Tonie prend conscience qu’elle ne pourra tourner la page tant qu’elle n’aura pas découvert la vérité. Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ?
Mais la vérité à un prix…

American Desperado, Jon Roberts et Evan Wright, Le Livre de poche : Jon Roberts naît en 1948 au coeur du Bronx, dans une famille de la mafia new-yorkaise, les Gambino. À 7 ans, il assiste à un assassinat commis par son père. Ce jour-là, il décide de suivre la même voie, celle du crime organisé. Après un passage au Vietnam, il connaît une ascension fulgurante au sein de la mafia : racket, trafic de cocaïne pour le compte du cartel de Medellín, meurtres… C’est une effrayante épopée de réussite criminelle qu’il bâtit dans les années 1970 et 1980. Roberts est enfin arrêté en Colombie mais réussit à s’évader. Rattrapé par la police américaine, il accepte de coopérer avec la justice. Evan Wright est un journaliste et écrivain américain reconnu.
American desperado est le fruit de leurs échanges.
Une lecture hallucinante.

Sombre dimanche, Alice Zeniter, Le Livre de poche : Une maison en bois près de la gare Nyugati, à Budapest. C’est là, au bord des rails, que les Mándy vivent de génération en génération. Le jeune Imre grandit dans un univers opaque, mélancolique, de non-dits et de secrets, où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille. Même après l’effondrement de l’URSS, qui fait entrer dans la vie d’Imre les sex-shops, le consumérisme, et Kerstin, une Allemande, incarnation de l’Ouest libre et heureux. Car si le régime a changé, Imre sait bien que ce bonheur-là n’est pas pour lui. Un roman à la poétique singulière, tout en dégradés de lumière et nostalgie, qui peint et révèle les êtres dans leurs contradictions et leur fragilité.

Appelez la sage-femme, Jennifer Worth, Le Livre de poche : Londres, années 1950. Jeune infirmière, Jennifer Worth décide de parfaire sa formation de sage-femme et rejoint les sœurs d’un couvent anglican, Nonnatus House, situé dans les docks de l’East End. À 22 ans, elle s’apprête à vivre l’expérience de sa vie dans cette maternité qui vient en aide aux plus pauvres. Récit de cet apprentissage, de sa rencontre avec les sœurs, alors qu’elle-même ne croit pas en Dieu, mais aussi tableau des quartiers déshérités du Londres d’après-guerre, son témoignage est à la fois bouleversant et empreint d’optimisme.

Corky, Joyce Carol Oates, Le Livre de poche : Trois journées dans la peau d’un homme. Trois journées au cours desquelles sa vie va basculer. À l’approche de la quarantaine, Jerome Corcoran, que l’on surnomme « Corky », a de quoi dresser un beau bilan : une situation professionnelle flatteuse, un avenir politique prometteur et de nombreuses conquêtes amoureuses. Mais seule une femme compte à ses yeux : Thalia, la fille de son ex-épouse. Au cours d’un week-end, la jeune fille, qui semble impliquée dans un scandale politico-financier, disparaît ; et le passé de Corky, qu’il avait cherché à effacer, refait surface…

Le saut du requin, Romain Monnery, Le Livre de poche : Toutes les questions d’amour sont des questions sans réponse : où commence l’indifférence ? CDD ou CDI ? Comment se dire adieu ? Quel rapport entre le yéti et le point G ? Est-ce que ronfler, c’est tromper ? Deux garçons, une fille, combien de possibilités ?… Sur fond d’Internet et de chansons populaires, Le Saut du requin explore le fonctionnement d’un couple moderne perdu entre non-dits et pas chassés. Bref, ceci n’est pas une comédie romantique, mais ça y ressemble. Le deuxième roman de l’auteur de Seul, libre et assoupi, adapté au cinéma sous le titre Libre et assoupi.

Prédatrice, Alissa Nutting, Le Livre de poche : Celeste Price, 26 ans, est professeur dans un lycée de la banlieue de Tampa, en Floride. Elle est mariée à Ford, un flic séduisant, dont les parents sont pleins aux as. Ils forment un couple parfait, du moins en apparence. Car Celeste a un secret : elle n’aime que les adolescents. Poussée par cette passion, elle décide de séduire un de ses élèves et entre ainsi dans un engrenage infernal aux conséquences terribles. Avec ce portrait à la première personne d’une femme qui entend rester libre de ses désirs, même les plus pervers, l’auteur prend le lecteur au piège entre l’empathie naturelle qu’il éprouve pour la narratrice et les actes irrépressibles de celle-ci. Alissa Nutting nous offre un roman dérangeant qui a déclenché une véritable polémique lors de sa sortie aux États-Unis.

Rainbow Warrior, Ayerdhal, Le Livre de poche : Geoff Tyler, général de division mis à la retraite sur requête du Bureau ovale, est sollicité pour une mission peu ordinaire. Il doit prendre la tête d’une armée privée financée par des célébrités de toutes obédiences. Objectif : renverser le dictateur d’un État africain et favoriser des élections en bonne et due forme. Ses moyens : l’argent n’est pas un problème. Son effectif : un encadrement d’une centaine de professionnels et 10 000 soldats dont il faut parfaire la formation. Jusqu’ici tout va bien. Il y a toutefois un détail… Cette armée est presque exclusivement constituée de LGBT. Lesbiennes, Gays, Bi, Trans.

Poirot in love, Agatha Christie, Le Livre de pocheLes Quatre (1927) : Un inconnu en état de choc débarque chez Hercule Poirot, griffonne le chiffre 4 puis meurt, assassiné. Notre détective belge découvre vite qu’il a affaire à de grands criminels, un quatuor dont le but est de s’assurer la domination du monde. Parmi eux, une femme dont la secrétaire ressemble fort à une vieille connaissance de Poirot : la comtesse Véra Rossakoff.
Allô Hercule Poirot (1971) : Un banquier londonien qui se volatilise, des bijoux qui disparaissent du coffre d’un collectionneur, un grand malade qui tente d’organiser son suicide pour que son rival soit accusé de crime… Sans oublier une comtesse russe que Poirot, admiratif, laisse filer. Six nouvelles et six coups de maître ! « Seigneur dieu, quelle femme ! »Hercule Poirot, si pudique, si discret sur sa vie privée, ne semble pas totalement insensible au charme féminin. Surtout quand il prend les traits de la belle et fantasque Véra Rossakoff.

La femme de nos vies, Didier van Cauwelaert, Le Livre de poche : « Nous devions tous mourir, sauf lui. Il avait quatorze ans, il était surdoué et il détenait un secret. Moi, on me croyait attardé mental. Mais ce matin-là, David a décidé que je vivrais à sa place. Si j’ai pu donner le change, passer pour un génie précoce et devenir le bras droit d’Einstein, c’est grâce à Ilsa Schaffner. Elle m’a tout appris : l’intelligence, l’insolence, la passion. Cette héroïne de l’ombre, c’est un monstre à vos yeux. Je viens enfin de retrouver sa trace, et il me reste quelques heures pour tenter de la réhabiliter. »

La nonne et le brigand, Frédérique Deghelt, Le Livre de poche : En reposant le recueil, elle effleura une couverture de cuir, crut d’abord qu’il s’agissait d’un carnet de correspondance mais ne put s’empêcher de l’ouvrir. C’était l’emballage d’un cahier dont les pages étaient couvertes d’une petite écriture ronde presque enfantine. Je ne savais pas ce que c’était l’amour, je ne savais rien de ce qui nourrit et dévaste, alors sans ce savoir je n’étais qu’une petite chose lancée sur les routes et sans arme pour affronter la vie. Il n’y avait que cette phrase sur la première page, écrite à l’encre bleue, presque délavée. Lysange eut comme le sentiment que ces phrases s’adressaient directement à elle et cela lui ôta tout scrupule pour commencer à lire ce qui avait tout l’air d’être un journal de bord.

Mammouth, Antonio Pennacchi, Le Livre de poche : Bleu de travail et bleus à l’âme. Tels sont les signes distinctifs de Benassia, le coriace leader syndical de l’usine de câbles Supercavi. Depuis vingt ans, dans chaque grève, chaque manif, les ouvriers ont scandé avec lui : « Un pour tous, tous pour un ! » Mais en Italie comme ailleurs, la loi du marché torpille peu à peu l’unité syndicale et les idéaux révolutionnaires. Le drapeau rouge est en berne et Benassia broie du noir. Ça tombe bien : les patrons aussi en ont assez de cet énergumène et ont décidé de lui faire une offre qui ne se refuse pas…

Une fille bien, Holly Goddard Jones, Le Livre de pocheUne fille bien est un de ces livres qui nous plongent d’emblée dans un univers bien particulier. Celui-ci a pour cadre le Kentucky, entre Midwest et Sud profond, et Roma, une petite ville paisible des Etats-Unis. Paisible en apparence seulement car, sous la surface lisse du quotidien, en embuscade, sommeillent l’adolescence, l’amour, la mort, la trahison, les choix parfois cruels, la violence physique ou morale…. Tout ce qui fait qu’une vie tranquille ou ennuyeuse un jour peut basculer. Une fille bien est un recueil de huit nouvelles – huit histoires ou tranches de vie – dans lesquelles Holly Goddard Jones raconte, avec une formidable empathie, le risque inhérent à toute existence, cet instant imprévisible où la banalité rencontre la tragédie. Un premier livre sensible et lumineux.

Saisis ta chance, Bartholomew Neil, Matthew Quick, Le Livre de poche : « J’aimerais que nous soyons des amis secrets, Richard Gere. » Pendant trente-huit ans, Bartholomew Neil a vécu avec sa mère… jusqu’au jour où elle tombe malade et meurt. Comment vivre sans elle ? Bartholomew pense avoir trouvé la voie quand il découvre une lettre de Richard Gere sur le Tibet libre dans le tiroir à sous-vêtements de sa mère. Les derniers temps, celle-ci l’appelait Richard – il y a forcément un lien cosmique. Croyant que l’acteur est destiné à l’aider, Bartholomew commence sa nouvelle vie en écrivant à Richard Gere. Jung et le Dalaï Lama, la philosophie et la foi, les contacts avec les aliens et la télépathie avec les chats, l’Eglise catholique et les mystères féminins… il explore tout dans sa relation épistolaire à sens unique. Mais ce que révèlent surtout ses lettres, c’est la quête touchante de Bartholomew pour se construire sa propre famille. Aidé par des amis inattendus, il s’embarque bientôt dans une Ford Focus de location, à la recherche d’un mystérieux Parlement des Chats et de son père biologique…

Un amour de geek, Luc Blanvillain, Le Livre de poche jeunesse : Thomas est un geek. Dans son monde HD, il échappe aux êtres désagréables qui grouillent dans la vraie vie : les nazes du lycée, la prof de français fan de gros bouquins bourrés de descriptions. Alors ? Où est le problème ? Le problème, c’est Esther dont Thomas est tombé amoureux. Esther qui voltige sur le dos des chevaux, aime la lumière dans les arbres et rêve de voyages. Esther qui déteste les ordinateurs et ne sortira avec lui que s’il jure de ne plus s’approcher d’un écran.

Black Ice, Becca Fitzpatrick, MSK : En décidant de passer un week-end à la montagne avec sa meilleure amie, Britt était loin d’imaginer que son ex, Calvin, serait aussi de la partie. Tandis qu’elle profite du trajet pour réfléchir à leur histoire, Britt et Korbie se retrouvent bloquées au milieu de nulle part dans une terrible tempête de neige. Bravant le froid glacial, elles finissent par trouver refuge dans un chalet occupé par deux beaux inconnus. Deux malfaiteurs en fuite qui les prennent en otage.
Tandis qu’elle échafaude des plans pour trouver une issue, l’angoisse de Britt grimpe d’un cran : elle découvre que plusieurs meurtres ont été commis dans la région. Sans compter que le comportement bienveillant de Mason, un des deux ravisseurs, est déconcertant : est-il un ennemi ou un allié ? Peut-elle lui faire confiance ? Les apparences sont trompeuses au milieu du blizzard, et les secrets bien gardés…

Crimes et condiments, Frédéric Lenormand, Le Masque : Prenez un philosophe bien à point, faites-le mariner, lardez quelques victimes, laissez mijoter les suspects, assaisonnez de quelques scandales, pimentez l’intrigue, salez les rebondissements, saupoudrez de dialogues croustillants, enrobez dans un style onctueux et servez chaud.
En pleine révolution culinaire, Voltaire enquête sur les traces d’un assassin qui sème derrière lui tartes au cyanure et ragoûts à l’arsenic. L’aide de la brillante marquise du Châtelet, experte en recherches scientifiques, et de l’abbé Linant, fin gourmet, ne sera pas de trop pour rendre l’appétit aux gastronomes !

L’homme qui tue les gens, Stan Jones, Le Masque : L’homme qui tue les gens, l’innukaknaaluk en inupiat, la langue parlée par la communauté esquimau du Nord de l’Alaska, c’est le méchant.
Dans le paisible bourg de Chuchki, dans la baie du même nom, la police n’a à régler, en général, que des histoires de bagarres à la sortie du bar du coin, où les autochtones, un peu désœuvrés, sont bien trop alcoolisés. Il faut dire que c’est difficile, pour ces tribus de pêcheurs de baleine et de phoques, de s’adapter à la vie moderne, à l’américaine. Alcool, chômage, obésité, ennui, misère sociale, violences conjugales sont leur banal quotidien. Depuis peu pourtant, la corporation internationale GeoNord a ouvert une mine au nord de Chuchki, la Gray Wolf, accessible en avion ou, si la glace est assez solide, en motoneige. Elle a donc offert du travail pour de nombreux habitants, privilégiant les embauches locales.
C’est dire que Nathan Active, state trooper de son état, s’ennuie ferme. Il rêve d’une mutation à Anchorage, la capitale où il a grandi, adopté par des Blancs qui l’ont élevé après que sa mère, âgée de 16 ans à l’époque, l’a abandonné. Pourtant, tout va changer pour Nathan. À quelques jours d’intervalle, deux hommes sont retrouvés morts, après avoir mis fin à leurs jours. Deux suicides dans la même semaine, ça fait beaucoup pour une petite ville comme Chuchki. Interrogeant les témoins, Active tombe sur Tillie, une vieille clocharde complètement imbibée. Elle le prévient : c’est l’innukaknaaluk le responsable. Or une chose est sûre : le point commun entre les deux suicidés, c’est qu’ils étaient l’un et l’autre des employés a priori comblés de la Gray Wolf…

Substance, Philippe Kleinmann et Sigolène Vinson, Le Masque : Une nouvelle neige circule dans Paris, moins chère mais plus addictive que la blanche traditionnelle. Elle fait des émules chez les junkies. À tel point que les dealers d’héroïne ont du mal à écouler leur marchandise. Le cartel ne peut laisser passer ça. Il est temps de faire couler le sang pour distiller la peur et éliminer cette concurrence déloyale. Une première fusillade a lieu rue Caulaincourt. Le commissaire Cush Dibbeth est dépêché sur les lieux. À Lariboisière, Benjamin Chopski, chirurgien de garde, récupère les blessés par balles. Avant de partir au bloc, l’un d’eux, un certain Denk, lui demande si Georgy Zemmour est vivant. Or il n’est ni sur la liste des survivants ni sur celle des victimes de la fusillade.
Dans une chambre aseptisée, un homme alité reprend conscience au son des machines qui enregistrent ses battements de cœur. Dans un brouillard neuroleptique, il voit un homme en blouse blanche s’affairer autour de sa jambe et retirer un pansement nauséabond. Que se passe-t-il ? Pourquoi se retrouve-t-il là ? Pourquoi le médecin s’obstine t-il à ne pas répondre à ses questions ? Tétanisé par la douleur et l’angoisse, il sent que son heure est proche…

Tétraméron, les contes de Soledad, José Carlos Somoza, Actes Sud : En excursion scolaire dans un mystérieux ermitage aux abords de Madrid, une collégienne découvre Tétraméron, une société occulte qui se réunit une fois l’an pour raconter des histoires énigmatiques toutes plus terrifiantes – ou édifiantes – les unes que les autres. Après avoir écouté les contes cruels des quatre membres, elle devra relater le sien, rite initiatique obligé pour entrer dans ce cercle obscur et très privé ; et quitter pour toujours les rives de l’enfance.
Les histoires, hantées par la présence du péché, de la tentation, de la luxure et du Mal s’ouvrent les unes sur les autres telle une succession d’effrayantes matriochkas avant la révélation finale. Au fil de ces fables intrinsèquement liées, José Carlos Somoza nous plonge dans un univers gothique et sombre, empreint d’une angoissante débauche, à l’image duDécaméron de Boccace.

Toutes les vagues de l’océan, Victor del Arbol, Actes Sud : Gonzalo Gil reçoit un message qui bouleverse son existence : sa soeur, de qui il est sans nouvelles depuis de nombreuses années, a mis fin à ses jours dans des circonstances tragiques. Et la police la soupçonne d’avoir auparavant assassiné un mafieux russe pour venger la mort de son jeune fils. Ce qui ne semble alors qu’ un sombre règlement de comptes ouvre une voie tortueuse sur les secrets de l’histoire familiale et de la figure mythique du père, nimbée de non-dits et de silences.
Cet homme idéaliste, parti servir la révolution dans la Russie stalinienne, a connu dans l’enfer de Nazino l’incarnation du mal absolu, avec l’implacable Igor, et de l’amour fou avec l’incandescente Irina. La violence des sentiments qui se font jour dans cette maudite “île aux cannibales” marque à jamais le destin des trois protagonistes et celui de leurs descendants. Révolution communiste, guerre civile espagnole, Seconde Guerre mondiale, c’est toujours du côté de la résistance, de la probité, de l’abnégation que ce parangon de vertu, mort à la fleur de l’âge, a traversé le siècle dernier. Sur fond de pression immobilière et de mafia russe, l’enquête qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone rebat les cartes du passé. La chance tant attendue, pour Gonzalo, d’ébranler la statue du commandeur, de connaître l’homme pour pouvoir enfin aimer le père.
Toutes les vagues de l’océan déferlent dans cette admirable fresque d’un XXe siècle dantesque porteur de toutes les utopies et de toutes les abjections humaines.

Un vague sentiment de perte, Andrzej Stasiuk, Actes Sud : Stasiuk se souvient ici de quatre êtres disparus auxquels il rend hommage avec une légèreté qui tient du paradoxe. L’histoire de sa grand-mère, ancrée dans une Pologne d’un autre temps, forme le début de ce livre – mais l’âme de cette merveilleuse conteuse, qui était capable de ressusciter les fantômes, imprègne chacun des quatre récits. C’est elle qui a légué à Stasiuk l’art de narrer, et c’est au fil des méandres de sa mémoire qu’il distille de précieuses réflexions existentielles.

Nuit d’orage à Copacabana, Luiz-Alfredo Garcia-Roza, Actes Sud : Par une nuit d’orage, un indigent déguenillé gît dans une impasse, une balle en pleine poitrine. L’homicide d’un “sans-grade” est d’une banalité telle sous ces latitudes que la raison voudrait que l’affaire fût classée rapidement. C’est compter sans l’opiniâtreté du commissaire Espinosa qui s’emploie à élucider le mystère de ce meurtre sans arme, sans témoin, sans indice et sans mobile. Quelques jours plus tard, dans un immeuble huppé d’Ipanema, une jeune psychothérapeute est retrouvée morte sur son divan, entièrement dévêtue. Entre ces deux affaires, qu’a priori tout sépare, une toile de mystères alliant phobies, perversions sexuelles, schizophrénie, troubles psychotiques. C’est une simple sensation de vulnérabilité, ténue et inexplicable, qui met Espinosa sur la piste. Le commissaire-philosophe sait mieux que quiconque que dans la scène de crime se joue toujours une scène de l’enfance, avec son cortège d’expériences traumatiques.

Lila, Marilynne Robinson, Actes Sud : Enlevée tout enfant à sa famille biologique par Doll, jeune vagabonde au visage défiguré par une balafre d’origine inconnue, Lila a grandi sur les routes de l’exode où la Grande Dépression a durablement jeté une multitude d’indigents. Quand sa protectrice disparaît mystérieusement, la jeune fille se loue comme domestique avant d’échouer dans une maison close, à Saint Louis, où Doll ne réapparaît que pour se voir bientôt inculpée d’assassinat. Plus seule que jamais, Lila reprend la fuite et, au bout d’une longue marche, atteint Gilead, une petite ville de l’Iowa, où le vieux révérend Ames prend sous son aile cette âme en friche.
Après avoir considéré avec méfiance les marques d’intérêt que lui prodigue cet homme de Dieu respecté de tous et qui pourrait être son père, la farouche jeune fille se prend au jeu du dialogue auquel le Révérend l’invite, au point de consentir à épouser ce veuf austère que, forte de l’intranquille existence qui a été la sienne, elle contraint peu à peu à envisager de nouveaux chemins de pensée.
Instaurant entre discours religieux et destin séculier un surprenant lien de complémentarité sous l’égide d’une fiction pétrie d’humanité, Marilynne Robinson, sans jamais sacrifier la clarté et la précision de la langue à la profondeur de son sujet, s’emploie, dans cette incomparable variation sur l’amour, à faire don de son intelligence du monde et de sa connaissance des textes bibliques pour ouvrir la voie à une communion littéraire d’une rare et pénétrante intensité.

Voici les nomsTommy Wieringa, Actes Sud : Ils étaient treize et ne sont plus que cinq. Cinq migrants clandestins ayant cru leurs passeurs, mais bientôt abandonnés dans un désert pierreux battu par les vents, un territoire qu’ils pensaient libre et heureux puisque situé par-delà la frontière.
Mais ces passeurs leur ont-ils réellement fait franchir une frontière ?
Quelque part à l’est de notre continent, une ville, Michaïlopol, poursuit sa lente décadence sous l’oeil désabusé de son commissaire de police, Pontus Beg. Univers de violence pas toujours ordinaire, d’arbitraire corruption, d’amours ancillaires vagues et misérables – ce flic usé donne soudain un sens à sa vie en se découvrant une appartenance religieuse : la Torah devient pour lui promesse de sens, lecture inédite du monde.
Quand les clandestins, après des mois d’errance, arrivent enfin à Michaïlopol, ces moribonds venus d’ailleurs sont pour tous un objet d’effroi. Vite embarqués au poste, ils sont placés à l’isolement. Lors de leur arrestation, on trouve parmi leurs pauvres effets un colis macabre emmailloté dans une guenille.
D’une écriture limpide sur le mode de l’apologue, ce livre impressionnant au souffle biblique, spirituel autant que cruel, est une condamnation de l’état du monde du XXIe siècle.

Finsterau, Andrea Maria Schenkel, Actes Sud : 1947 à Finsterau, un petit village de Bavière. La jeune Afra et son fils de deux ans trouvent une mort sanglante dans le salon de la maison de ses parents, Johann et Theres Zauner, surnommés les “sans-terre” en raison de leur extrême pauvreté. Afra était retournée vivre dans sa misère natale en 1944 après avoir perdu son emploi en ville. Ses parents, très croyants, étaient devenus la honte du village quand elle avait donné naissance au “bâtard” d’un Français en 1945. Son père avait alors fait de sa vie un enfer ; querelles permanentes entre elle et lui, plaintes incessantes à propos du petit Albert. Ces faits connus de tous ainsi que d’autres éléments troublants amènent Johann à se retrouver accusé des meurtres d’Afra et de son petit-fils. Condamné à une peine de dix ans, il sera ensuite interné au vu de son état psychologique très perturbé. L’affaire Zauner est close.
Pourtant un soir, dix-huit ans après les faits, un aubergiste se voit confier par un client ivre que le meurtrier court toujours. Il informe alors le procureur de l’époque, qui rouvre l’enquête.
Cold Case à la bavaroise, Finsterau superpose deux enquêtes, celle de la police qui entend les témoins, et celle de la romancière qui les écoute. Le commissaire et l’écrivain ne cherchent-ils pas, tous deux, à saisir la vérité des caractères ?

Sara, Stefan Agopian, Actes Sud : Au XVIIIe siècle, dans une ville forte de Transylvanie, Tobie rencontre Sara. Sa beauté éthérée et son énigmatique présence en ce lieu piquent la curiosité du jeune homme. Tobie est guidé par l’ange Raphaël et Sara est inséparable de Théopomp, le chat qui parle. Leur destin se lie à celui du petit Simon Talaba, un garçonnet perdu dans cette société où Roumains, Saxons et Hongrois cohabitent à l’ombre de dissensions politiques meurtrières.
À la manière d’une oeuvre de la peinture flamande, le roman d’Agopian baigne dans une lumière somptueuse, où les personnages semblent pris comme des scarabées dans l’ambre. Toute de légèreté et de grâce, cette évocation en clair-obscur rend encore plus prégnantes la violence des événements et la cruauté parfois rabelaisienne de la critique sociale.
Plein de fantaisie, ce roman a patienté deux années sous la loupe de la censure communiste roumaine. L’auteur a finalement réussi à déjouer la vigilance de l’organe de répression, et le livre est paru en 1987.

Voyages dans la modernité, Collectif, Actes Sud : Le récit de voyage en Europe est un genre majeur de la littérature turque au XIXe siècle, période de grande fermentation intellectuelle dans un empire en déclin, où les élites cherchaient à percer le secret du progrès de l’Occident et à redéfinir le mot même de “civilisation”. Le premier récit traduit dans ce livre est celui d’un notable et homme de lettres ottoman qui a effectué de nombreux séjours dans les grandes capitales européennes, dont l’un en 1863 à Paris où ses deux fils faisaient leurs études. Le second est l’oeuvre d’un journaliste resté anonyme, parti à Londres en 1851 pour couvrir la première Exposition universelle. Les deux textes témoignent de la ferveur suscitée parmi les élites de l’empire par les Tanzimat, rescrits promulgués en 1839, puis en 1856, par lesquels le sultan s’engage à rénover en profondeur l’administration de l’empire et affirme notamment l’égalité entre tous ses sujets quelle que soit leur religion.
À la fois guides de voyage et supports d’une réflexion sur les raisons de l’expansion européenne, les deux récits fourmillent de remarques sur la vie quotidienne, comme la liberté dont jouissent les femmes ou la qualité des hôtels ou encore le prix d’entrée dans les musées, mais abondent aussi en observations, tantôt admiratives tantôt réservées, sur l’industrialisation, l’organisation urbaine ou les relations entre les différentes classes sociales.

Le gel, Sonallah Ibrahim, Actes Sud : Un jeune Égyptien, Choukri, prépare une thèse de doctorat à Moscou. Boursier de son gouvernement dans le cadre des échanges culturels avec l’Union soviétique, il réside au foyer des étudiants étrangers, venant assez souvent du tiers-monde, de pays ravagés par une dictature militaire. Reclus dans ce lieu, ruminant sa solitude et ses frustrations sexuelles, il observe son petit monde en voyeur : les étudiants qui ne font que manger, boire et échanger sans vergogne leurs conquêtes féminines, les longues files d’attente devant les magasins, l’engouement général pour n’importe quel produit occidental de consommation, la grisaille qui domine les êtres et les choses. S’il parvient, malgré la rigueur du climat, à connaître les principales voies de la capitale, les grandes institutions culturelles et les stations du métro, il ne peut en revanche nouer aucune relation humaine en dehors de la résidence internationale. Et pendant ce temps-là, en 1973, ce qui se passe en Égypte sous Sadate n’aide en rien à dissiper son désarroi…

La traversée amoureuse, Vita Sackeville-West, Autrement : Apprenant qu’il ne lui reste que quelques mois à vivre, Edmund Carr décide de faire une croisière en mer. Il embarque sur le même bateau que Laura, une jeune veuve dont il est secrètement épris. Un huis clos amoureux dans l’univers de la première classe d’un paquebot de croisière.

La prophétie de l’abeille, Keigo Higashino, Babel : Le jour où les autorités japonaises organisent la démonstration en vol d’un nouvel hélicoptère militaire téléguidé, l’appareil est détourné par de mystérieux terroristes et prend une destination inconnue. Bientôt, il survole une centrale nucléaire. La revendication est simple : si le Japon ne ferme pas toutes ses centrales, l’hélicoptère s’écrasera sur l’un des réacteurs. Un thriller prophétique d’une profonde humanité, qui révèle une nouvelle facette du talent protéiforme et prolixe du grand Higashino.

Gilead, Marilynne Robinson, Babel : Couronné par le Pulitzer 2005, un hymne superbe à une existence habitée par Dieu, sur fond de guerre civile américaine. Une écriture d’une force spirituelle rare dans la fiction contemporaine.

Je vais mourir cette nuit, Fernando Marias, Babel : Un ancien commissaire de police déchu reçoit une lettre écrite seize ans auparavant par un homme qu’il avait fait emprisonner, qui prétend lui révéler que toute son existence n’a été que le produit d’une longue et complexe manipulation… Un roman machiavélique aussi glaçant que fascinant.

Murtoriu, la ballade des innocents, Marco Biancarelli, Babel : Libraire intermittent et écrivain inaccompli dont la vie sentimentale est un fiasco, Marc-Antoine Cianfarani vit en reclus dans un hameau de la montagne corse d’où il assiste au pillage d’une côte livrée à toutes les formes de dénaturation. Né d’une île et de la langue qui s’y parle, Murtoriu convoque les forces de la subversion dans un texte flamboyant, inspiré et douloureux.

Un tueur à Munich, Andrea Maria Schenkel, Babel : Basé sur une histoire vraie, dans une ronde de témoignages qui défie la chronologie classique pour mieux épingler son sujet, le roman noir et sophistiqué d’un tueur en série dans l’Allemagne des années 1930.

Marcher, Tomas Espedal, Babel : Un beau jour, le narrateur sort de chez lui et, poussé par une envie soudaine, décide de poursuivre son chemin. Laissant derrière lui sa femme et sa maison, il renoue avec l’art du vagabondage et se délecte de son effet salutaire sur la pensée… Un texte qui a consacré Tomas Espedal comme une des voix incontournables de la scène littéraire norvégienne contemporaine.

Le professeur, Charlotte Brontë, Archipoche : Orphelin depuis l’enfance, William Crimsworth étudie dans la prestigieuse école d’Eton, grâce à l’aide financière de sa famille.
À la fin de ses études, il rejoint son frère aîné Edward, qui mène carrière dans l’industrie. Mais les deux frères ne s’entendent pas : victime du caractère irascible d’Edward, William choisit de s’exiler en Belgique. Une nouvelle vie s’offre à lui dans un pensionnat pour garçons à Bruxelles, où il devient professeur d’anglais.
Intègre et pragmatique, William est vite remarqué. On lui propose d’enseigner également dans le « pensionnat pour demoiselles ». Sous le charme de sa directrice, Mlle Reuter, il lui ouvre son cœur… et apprend qu’elle est sur le point de se marier.
Mais lorsqu’il s’éprend par la suite de Frances Henri, la professeure de couture, c’est Mlle Reuter qui en prend ombrage. Et un matin, sans prévenir, William apprend que Mrs Henri a changé d’établissement…

Beautiful Beloved, Christina Lauren, Hugo : Comment, Max et Sara, le couple sexy, coquin et un brin exhibitionniste de Beautiful Stranger, va-t-il concilier vie de famille et jeux de séduction et de plaisirs ? Max et Sara, le couple d’amoureux de Beautiful Stranger qui affectionne les photos sexy, vient d’avoir un bébé. Cette nouvelle étape dans leur vie conjugale, risque de changer un peu la donne…Trouveront-ils le temps d’élever un enfant, tout s’adonnant à leurs jeux coquins favoris ? Parions que leurs fidèles amis se porteront volontaires pour leur faciliter la tâche. Les personnages favoris de la série de Beautiful Bastard seront tous au rendez- vous.

After, saison 2, Anna Todd, Hugo : Hardin n’a rien à perdre… sauf elle. Après leur rencontre la vie ne sera plus jamais la même. Après un début tumultueux, la relation de Tessa et Hardin semblait bien partie. Tessa sait qu’Hardin peut être cruel, mais quand les origines de leur relation et son mystérieux passé lui sont révélés, cela lui fait l’effet d’une bombe. Tessa est hors d’elle. Hardin sera toujours… Hardin. Mais est-il vraiment le mec dont Tessa est tombé éperdument amoureuse, en dépit de son caractère colérique, ou est-il un étranger, un menteur depuis le début ? Doit-elle s’en séparer ? Ce n’est pas si facile. Le souvenir de ses bras autour d’elle… de sa peau qui l’électrise… de leurs nuits passionnées, trouble son jugement. Pourtant, Tessa n’est pas sûr qu’elle pourra supporter une autre promesse non tenue. Elle a mis toute sa vie entre parenthèses pour Hardin – l’université, ses amis, sa relation avec sa mère, son petit ami, même son début de carrière. Mais elle a besoin de lui pour avancer. Hardin sait qu’il a fait une erreur, peut-être la plus grande de sa vie, mais il veut se battre pour elle ! Mais peut-il changer ? Va-t-il changer… par amour ?

Respire, K. A. Tucker, Hugo : À à peine 20 ans, la vie de Kacey bascule dans la tragédie : ses parents, sa meilleure amie et son copain meurent dans un accident de voiture. Elle est la seule survivante de la famille, avec sa sœur Livie qui n’était heureusement pas avec eux ce jour-là. Alors qu’elles sont confiées à la garde d’un oncle et d’une tante peu scrupuleux, Kacey décide de prendre sa vie et celle de sa sœur, en main. Ensemble elles vont tenter de se reconstruire à l’autre bout du pays, en Floride.

Elle & lui, Marc Lévy, Robert Laffont : Un site de rencontres les a réunis.
Ils ne sont pas devenus amants, mais amis.
Et ils comptent bien en rester là…
Elle est actrice. Lui écrivain.
Elle s’appelle Mia. Lui Paul.
Elle est anglaise. Lui américain.
Elle se cache à Montmartre. Lui vit dans le Marais.
Elle a beaucoup de succès. Lui pas vraiment.
Elle est même une star. Mais lui ne le sait pas.
Elle se sent seule. Lui aussi.
Il la fait rire. Elle enchaîne les maladresses.
Elle ne doit pas tomber amoureuse. Lui non plus.

De regrettables incidents, Armel Job, Robert Laffont : Dans l’attente d’obtenir le statut de réfugiée, Olga – jeune immigrée d’origine kazakhe, pure comme le cristal et belle à faire damner un saint – mène, auprès de sa famille, une vie paisible et sans histoire dans une petite commune de Belgique. Jusqu’au jour où le directeur du Royal Sillon vient proposer à Jakob, son père, de l’engager dans la troupe théâtrale de la ville. D’abord réticent, Jakob finit par accepter et remet solennellement au directeur un magnifique œuf peint, symbole tout à la fois de la beauté et de la fragilité de cette fille adorée dont il dépose le sort entre les mains d’un inconnu. Au sein de la troupe, la jeune première, jalousée par les femmes et convoitée par les hommes, voit très vite et à son corps défendant les passions se déchaîner autour d’elle. Sa présence va également bientôt contribuer à raviver d’horribles souvenirs, à délier les langues et, pour finir, à révéler d’indicibles secrets.  » De regrettables incidents « , ainsi que les qualifie Arsène Chockier, l’ancien directeur du Royal Sillon – doux euphémisme quand il est en réalité question du viol de plusieurs comédiennes débutantes… La beauté n’engendre-t-elle pas parfois plus de mal que de bien ? Comment croire en un Dieu qui laisse le loup, déguisé en agneau, s’en prendre au troupeau ? Un crime peut-il rester impuni ? Avec De regrettables incidents, fable cruelle sur l’innocence et la manipulation à la mécanique implacable et au dénouement surprenant, Armel Job administre une nouvelle fois la preuve de son immense talent de romancier et de conteur.

Fatima, Marek Halter, Robert Laffont : Fatima a promis à sa mère mourante, Khadija, de protéger Muhammad et de veiller sur lui. Elle prend sa mission très au sérieux. Quand  » Muhammad le Messager « , celui qui parle sous la dictée de l’ange Gabriel, est menacé par les polythéistes de La Mecque, Fatima déjoue une première tentative d’assassinat. Mais l’existence dans la cité devient vite trop dangereuse pour le Messager d’Allah et ses fidèles, persécutés. En l’an 622, accompagné de Fatima, il conduit les premiers croyants à Yatrib –; cette émigration, l’Hégire, marque le début du calendrier musulman. À Yatrib, Muhammad est accueilli par la communauté juive, qui reconnaît dans son enseignement l’héritage d’Abraham et de Moïse. Bientôt, Muhammad épouse Aïcha, la très jeune fille d’Abu Bakr, son plus proche compagnon. Il s’assure ainsi une nouvelle alliance, lui que les clans les plus puissants ont abandonné. Aïcha n’est qu’une enfant, pourtant Fatima se sent trahie. D’autant que, malgré son désir de rester libre pour accomplir sa mission, elle est mariée à Ali, l’un des fils adoptifs de son père. Enfermée dans son rôle d’épouse et de mère, elle se sent inutile. Après la naissance de son premier garçon, Hassan, elle reprend sa place de protectrice auprès de Muhammad. Mais déjà se dessine l’inévitable conflit qui continue à diviser le monde musulman. Qui sera l’héritier du Prophète ? La lignée d’Hassan, dont se réclament les chiites ? Ou celle d’Abu Bakr, le père d’Aïcha, dont se réclament les sunnites ?

Ric-Rac, Arnaud Le Guilcher, Robert Laffont : C’est les vacances scolaires, et dans la tête de Jeanyf, ça se bouscule… Balle aux pieds, Jeanyf, 14 ans, a un talent au-dessus du lot, un genre de don qui le prédestine à une sublime carrière de footballeur. Mais il a un souci, et un souci de taille : il a arrêté de grandir. La tête pleine de questions, Jeanyf court. Il court autour de La Sourle, un village situé « en lisière du trou du cul du monde », une bourgade semblable à « un nid de taupes perdu dans un golf 18 trous ». Il court après le souvenir d’Yvette, sa mère décédée ; après la folie douce de Pierryf, son père, marionnettiste qui sculpte des visages d’Yvette partout dans la baraque ; après les magouilles de Jackyf, son oncle herboriste qui va l’aider à prendre quelques centimètres ; et après les élucubrations de Soubirou, son cousin illuminé. Il court après l’amour, débarqué à La Sourle sous les traits de Bessie, la petite fille blonde des nouveaux voisins. Nouveaux voisins qui s’apprêtent à ouvrir « Le Silo », un club sado-maso qui défraie la chronique dans le milieu de la galipette. Autant de découvertes pour Jeanyf. Alors, entre le monde des adultes et celui de l’enfance, Jeanyf court. Il court à perdre haleine. À grandes foulées.

Victoires, Danielle Steel, Presses de la citéIl n’y a pas de petites victoires.
À 17 ans, et déjà championne de ski junior, Lily prépare les Jeux Olympiques d’hiver. Un matin, alors qu’elle se rend sur les pistes, le câble du télésiège cède. Elle survit, toutefois le verdict est sans appel : hémiplégique, elle ne pourra plus jamais marcher – ou skier. Mais c’est bien mal connaître Lily : motivée par sa rencontre avec des personnes hors du commun, elle s’autorise un nouveau départ et refuse d’abandonner sa carrière sportive. A son image, les personnes qui l’entourent donnent un tournant décisif à leurs vies, faisant fi des difficultés.

Jeûne et jolies, Monika Peetz, Presses de la citéLa joyeuse bande d’En route pour Compostelle est de retour !
Cette année, les cinq amies ont décidé d’aller passer leur semaine de vacances à Achenkirch, dans un vieux château pour suivre le programme « Sept jours de jeûne ». Mais le séjour ne va pas être de tout repos… Difficile de laisser de côté ses soucis ! Eva est sur les traces d’un secret de famille ; Caroline revoit son ex en douce et n’ose pas le dire à ses amies ; Kiki doit faire face aux doutes du père de sa fille, qui n’est plus complètement sûr d’être le père biologique ; Judith se désespère de ne pas avoir fait l’amour depuis deux ans ; Estelle est toujours obsédée par sa ligne et son tailleur Chanel…

Les nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason, Métailié : Erlendur le solitaire vient d’entrer dans la police, et les rues de Reykjavik dans lesquelles il patrouille de nuit sont agitées : accidents de la circulation, contrebande, vols, violences domestiques… Des gamins trouvent en jouant dans un fossé le cadavre d’un clochard qu’il croisait régulièrement dans ses rondes. On conclut à l’accident et l’affaire est classée. Pourtant le destin de cet homme hante Erlendur et l’entraîne toujours plus loin dans les bas-fonds étranges et sombres de la ville. On découvre ici ce qui va faire l’essence de ce personnage taciturne : son intuition, son obstination à connaître la vérité, sa discrétion tenace pour résister aux pressions contre vents et marées, tout ce qui va séduire le commissaire Marion Briem. En racontant la première affaire d’Erlendur, le policier que les lecteurs connaissent depuis les premiers livres de l’auteur, Arnaldur Indridason dépasse le thriller et écrit aussi un excellent roman contemporain sur la douleur et la nostalgie. De roman en roman, il perfectionne son écriture et la profondeur de son approche des hommes. Un livre remarquable.

Un étude en écarlate, Jean d’Aillon, 1018 : Le 21 mai 1420, la reine de France signait un traité par lequel le roi Charles VI reconnaissait son gendre Henri V d’Angleterre héritier de la couronne de France. Un an plus tard, l’eau d’une fontaine voisine de la porte Saint-Honoré devint rouge et le peuple resta convaincu qu’il s’agissait du signe précurseur de quelque désastre. Au même moment, Edward Holmes, clerc et demi-frère du baron de Roos tué à la bataille de Baugé, est chassé de l’hôtel parisien de son seigneur. Ne pouvant rentrer en Angleterre, Holmes trouve logis chez maître Bonacieux, greffier au Châtelet et zélé partisan bourguignon, ou il partage la chambre de Gower Watson, un archer blessé à la bataille d’Azincourt.
Dans un Paris ou règnent la faim, le froid et la misère, Edward Holmes devra mettre à jour un terrible complot dans lequel les conjurés veulent entraîner son ami Gower Watson.

Manuel el negro, David Fauquemberg, 1018 : À Santiago, quartier gitan d’Andalousie, le flamenco est une tradition, un rêve, un art de vivre. Dans ce mundillo enfiévré, le guitariste Melchior de la Peña se lie d’amitié avec Manuel El Negro, un tourbillon de vie dont la voix ensorcelle. Il raconte avec une grâce furieuse leur épopée bohème où musique et amour tissent la plus enivrante des partitions. D’une langue incandescente, l’auteur de Mal tiempo signe un roman sublime sur l’âme flamenca et ses nuits lancinantes.

True crime, Jack Arnott, 1018 : L’Angleterre des années Blair : l’héritage amer de Thatcher, les rave-parties, l’ecstasy, l’homophobie toujours présente… Ce décor sert de toile de fond à un récit à trois voix, celles de personnages dont le gangster Harry Starks a marqué la vie : Julie, devenue actrice pour fuir le passé criminel de son père ; Tony, journaliste psychopathe de la presse à scandale, contraint de servir de « nègre » à un braqueur encombrant ; et Gaz, petit voyou manipulé qui va effectuer une étonnante sortie par le haut grâce à la fascination qu’exerce la violence sur notre société.

Les O’Brien, Peter Behrens, 1018 : 1887, Canada. Élu chef de famille à la mort de son père, le jeune Joe O’Brien rêve de fuite. Parti à la conquête de l’Amérique et de ses chemins de fer, il épouse Iseult, une riche héritière, et établit son clan. Joe veut réussir, mais dans le roulis de l’Histoire – guerres, crise de 1929, mutations –, il ne pourra compter que sur sa soif d’en découdre et sur l’amour des siens… Un homme, une famille, un siècle : avec un formidable talent de conteur, Peter Behrens déploie une épopée moderne ou se révèlent des vies inoubliables.

La mémoire est une chienne indocile, Elliot Perlman, 1018 : New York, aujourd’hui. Ex-taulard en probation dans un hôpital, Lamont, jeune Noir du Bronx, se lie d’amitié avec un patient, rescapé des camps. Uptown, Adam Zignelik, professeur d’histoire en pleine crise existentielle, exhume un document inédit : les premiers témoignages sonores de survivants de l’Holocauste. Dans le creux de cette mémoire ravivée, leurs destins vont s’entremêler. D’un ghetto à l’autre, dans une myriade de voix et une narration virtuose, ce roman poignant interroge l’Histoire du XXe siècle.

Le dernier mot, Hanif Koureishi, 1018 : Écrivain d’origine indienne, Mamoon Azam jouit d’une renommée mondiale. Alors pour Harry Johnson, que l’on a chargé de sa biographie, l’occasion est trop belle ! Auprès de celui qu’il a toujours admiré et de sa nouvelle compagne, une Italienne haute en couleur, Harry se met immédiatement au travail. Mais entre soucis artistiques et commerciaux, célébrité et homme de l’ombre, les coulisses de la création semblent préparer un duel sans merci…

Murmurer à l’oreille des femmes, Douglas Kennedy, Pocket : Ce sont des hommes ou des femmes comme les autres, aux vies apparemment bien réglées. Ils ont entre 7 et 60 ans. Ils sont douze dont la vie va basculer doucement ou brutalement dans l’inconnu. Douze histoires qui nous installent avec tendresse, amertume ou nostalgie au coeur d’une quête d’amour, de désirs et du sens de la vie. Illusion ou réalité, ils sont prêts ou non à prendre tous les risques, pour trouver l’amour. Et dévoilent ces histoires qu’on se raconte à longueur de temps et qui pourtant font encore et toujours tourner le monde.

Malefica tome 1, La voix du livre, Hervé Gagnon, Pocket : 1639, dans un petit village de France. Catherine, sa fille Anneline et sa petite-fille Jeanne, guérisseuses de génération en génération, affrontent l’obscurantisme de l’Inquisition.
Dans le hameau d’à côté, François, armurier de son état, doit prendre la fuite après sa vendetta sanglante contre le gabeleur qui a assassiné sa famille.
Leurs destins croisés vont les mettre sur la trace d’un énigmatique grimoire qui suscite l’intérêt de l’homme le plus puissant du royaume, le cardinal de Richelieu. Acculés, ils s’engagent dans une course frénétique afin de résoudre un mystère millénaire.

Francesca tome 3, maîtresse des Borgia, Sarah Poole, Pocket : Octobre 1493. Rodrigo Borgia, devenu le pape Alexandre VI, se rend à Viterbe afin d’inspecter les défenses militaires de la ville en vue de la guerre qui se prépare. Francesca, l’empoisonneuse de la famille Borgia, l’y accompagne. Mais, à peine arrivée, la jeune femme apprend qu’un assassin est en route pour Viterbe. Vient-il pour Sa Sainteté ? Pour son fils ? Ou encore pour le neveu du roi d’Espagne ? Francesca ne peut plus faire confiance à personne et devra mobiliser tout son courage afin de déjouer ce complot.

La saison de l’ombre, Léonora Miano, Pocket : Au coeur de la brousse subsaharienne, un grand incendie a ravagé les cases du clan Mulongo. Depuis lors, douze hommes manquent à l’appel – les fils aînés pour la plupart. Pendant que les mères cherchent en songe les réponses à leur chagrin, le Conseil interroge les ancêtres, scrute les mystères de l’ombre : que signifie cette disparition ? Pour le salut de la communauté, le chef Mukano et quelques autres décident de partir à leur recherche en territoire bwele, leurs voisins. Peu d’entre eux atteindront l’océan – par ou les « hommes aux pieds de poules » emportent leurs enfants…

Heinrich Himmler, d’après sa correspondance avec sa femme, Pocket : Longtemps on a cru que les lettres d’Heinrich Himmler à sa femme Marga, ainsi que d’autres documents appartenant au dignitaire nazi, étaient définitivement perdus. Mais plusieurs décennies après son suicide et la fin de la Seconde Guerre mondiale, les lettres ont été retrouvées. Répondant parfaitement à celles de Marga, et mises en lumière par les commentaires de deux spécialistes, elles constituent une incroyable plongée dans la vie privée de l’une des figures les plus importantes du IIIe Reich. Derrière les conversations d’apparence anodine, derrière la façade petite-bourgeoise du couple, la brutalité et l’insensibilité qui caractérisent le Reichsführer-SS transparaissent en permanence.
Un document exceptionnel.

La femme à mille degrés, Hallgrímur Helgason, Pocket : Il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre dans un garage de Reykjavik, une cartouche de cigarettes, un ordinateur portable et une grenade nazie – mais elle ne s’est jamais sentie aussi bien. Elle, c’est Herbjörg María Björnsson, 80 ans. Entre le palais présidentiel islandais, la pampa argentine et Berlin bombardé, elle a vécu les pires heures de ce siècle fou, qui la rendit folle elle-même : de rage et d’amour.
Et avant l’incinération a 1 000°, Herra, comme on l’appelle, a quelques mots à vous dire…

Comment braquer une banque sans perdre son dentier, Catharina Ingelman-Sundberg, Pocket : Ils sont trois femmes, deux hommes : Märtha, Stina, Anna-Greta, le Génie, et le Râteau, chacun 80 ans au compteur. Ils chantent dans la même chorale et dépérissent dans la même maison de retraite à Stockholm. Nourriture insipide, traitement lamentable, restrictions constantes, pas étonnant que les résidents passent l’arme à gauche…
Ils ne vivront pas un jour de plus dans ce mouroir. Un brin rebelles et idéalistes, les cinq comparses décident de se lancer dans le grand banditisme. Avec leurs cheveux blancs et leurs déambulateurs, ils s’apprêtent à commettre le casse du siècle. Mais l’aventure s’emballe et rien ne va se passer comme prévu…

Martin de la brochette, Thierry des Ouches, Pocket : On l’appelle « Boulette ». Ou « P’tit Boudin ». Martin de La Brochette est la honte de sa famille. Chez les La Brochette, on est beau, catholique, surdiplômé ; on passe l’été à Carnac et Pâques à Versailles. Et justement, l’Agneau Pascal approche à petits pas… l’occasion ou jamais pour le grassouillet Martin d’aggraver son cas. Cette année, au café, il a une annonce à faire, une vocation à révéler : « Boulette » veut être boucher. Oui, boucher. Vendre de la côte de boeuf et désosser des porcs. Et épouser la charcutière de ses rêves. Lui laisser la main sur le pâté en croûte et le saucisson en vitrine. Adieu bourgeoisie consternée ! Bienvenus veaux, vaches, cochons et couvées !

Un tout petit rien, Camille Anseaume, Pocket : À tout juste 25 ans, Camille tombe enceinte. Alors que son amant claque la porte, elle décide de garder l’enfant malgré tout.
Loin de se douter des difficultés qui l’attendent, elle entame un parcours du combattant vers la maternité. Faire accepter son choix à ses parents, assimiler les changements de son corps et affronter le regard des autres, entre doutes et peurs, le chemin de cette future mère célibataire s’annonce complexe. Et sans garantie de trouver, au bout du compte, la certitude d’avoir fait ou pas, le bon choix.

En route pour Compostelle, Monika Peetz, Pocket : Depuis quinze ans, Caroline, Judith, Eva, Estelle et Kiki délaissent une fois par mois maris, enfants et carrières pour dîner au restaurant Le Jardin. Un rendez-vous immanquable que Judith menace pourtant d’abandonner : afin de rendre hommage à son mari récemment décédé, elle a décidé d’entamer le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Eh bien, tant pis, on trouvera des restaurants sur la route ! Les cinq amies décident de partir ensemble.
Un voyage riche en émotions qui mettra leur amitié à l’épreuve mais les conduira bien plus loin qu’elles ne l’avaient imaginé…

Road Tripes, Sébastien Gendron, Pocket : Rattrapé par la poisse qui lui colle au corps, Vincent monte un jour dans la voiture de Carell, sociopathe bordelais. Pourquoi ? Mystère… Peut-être que distribuer des prospectus publicitaires par 40° C à l’ombre n’est pas l’idée qu’on se fait d’une réussite sociale. Peut-être que brûler ces mêmes prospectus au fond d’une pinède l’est davantage. Surtout si cela permet d’assister au spectacle de dizaines d’hectares qui partent en fumée. Et voler des R16, c’est excitant. Et tout casser sur leur passage, de Bordeaux à Montélimar, quel pied. Une cavale gratuite, intense et foutraque : la vie, la vraie !

La philosophie selon Bernard, Patrice Jean, Pocket : Il a suffi d’un mot de Christine, à la cantine. « Oh oui, mais Bernard, c’est un philosophe ! »
Bernard, c’est un banal employé de banque. Bernard, c’est le foot, la blague lourdingue, la libido pour horizon. Mais cette simple phrase de Christine, par la seule grâce de son ravissant postérieur, va tout chambouler. Et voilà Bernard qui se sent pousser des ailes métaphysiques, sur les pas de Socrate et Platon, se rôde au débat d’idées, ferraille avec les intellectuels, devise avec les sages.
Aristote n’a qu’à bien se tenir !

La prophétie du paladin, Mark Frost, PKJRègles de vie
Ne fais confiance à personne.
Les coïncidences n’existent pas.
Ne regarde pas ta vie comme si c’était un film dont quelqu’un d’autre serait le héros. Maintenant, le héros, c’est toi.

La dernière fugitive, Tracy Chevalier, Folio : 1850. Après un revers sentimental, Honor fuit les regards compatissants des membres de sa communauté quaker. Elle s’embarque pour les États-Unis avec sa sœur, Grace, qui doit rejoindre son fiancé. À l’éprouvante traversée s’ajoute bientôt une autre épreuve : la mort de Grace, emportée par la fièvre jaune. Honor décide néanmoins de poursuivre son voyage jusqu’à Faithwell, une petite bourgade de l’Ohio. C’est dans cette Amérique encore sauvage et soumise aux lois esclavagistes, contre lesquelles les quakers s’insurgent, qu’elle va essayer de se reconstruire.
Portrait intime de l’éclosion d’une jeune femme, témoignage précieux sur la vie des quakers et le «chemin de fer clandestin» – ce réseau de routes secrètes des esclaves en fuite –, La dernière fugitive confirme la maîtrise romanesque de l’auteur du best-seller La jeune fille à la perle.

En cherchant Majorana, Étienne Klein, Folio : «Ettore Majorana m’est « tombé dessus » lorsque je commençais mes études de physique. Ce théoricien fulgurant a surgi dans l’Italie des années vingt, au moment où la physique venait d’accomplir sa révolution quantique et de découvrir l’atome. En 1937, il publia même un article prophétique dans lequel il envisage l’existence de particules d’un genre nouveau, qui pourraient résoudre la grande énigme de la matière noire.
Ce jeune homme maigre, aux yeux sombres et incandescents, était considéré comme un génie de la trempe de Galilée. Mais de tels dons ont leur contrepoids : Majorana ne savait pas vivre parmi les hommes, et c’est la pente pessimiste et tourmentée de son âme qui finit par l’emporter. À l’âge de trente et un ans, il décida de disparaître et le fit savoir. Une nuit de mars 1938, il embarqua sur un navire qui effectuait la liaison Naples-Palerme et se volatilisa.»
Étienne Klein est parti sur les traces de cette comète, à Catane, Rome, Naples et Palerme. Il a rencontré des membres de la famille Majorana, fouillé les archives, analysé l’œuvre, avec le secret espoir que ce scientifique romanesque cesserait enfin de se dérober.

Après l’amour, Agnès Vannouvong, Folio : «Héloïse m’appelle « ma belle surprise ». Elle a ses petits trucs, les balades à moto, un parfum addictif, des pièges à filles. Les cloches de l’église Saint-Eustache ponctuent toutes les heures nos étreintes. J’aime caresser la peau, son dos, ses bras durs, le sexe doux sous la langue, les soupirs, les sourires entre les baisers, les rires. Je l’adore et honore son sexe. Un souffle, une parole, un geste provoquent le rapprochement des corps. J’aime notre intimité. Je veux essayer toutes les positions, tous les rythmes. Après les orgasmes, elle se serre très fort contre moi, je suis perdue. M’abandonner serait une aventure, alors je glisse, indéterminée, ouverte à tous les possibles.»
Lorsque la narratrice se sépare de sa compagne Paola, sa vie bascule. Collectionnant les amantes, elle part à la recherche effrénée du plaisir. La rencontre avec Héloïse amorcerait-elle un tournant?
Mêlant brillamment romantisme et crudité, douceur et violence, Après l’amour est un roman sensuel et sexuel qui explore la fulgurance du désir féminin.

Seuls contre tous, Lucy Connors, La Martinière Jeunesse : Dans la ville de Whitfield County, la lutte fait rage entre les Rhodale, famille de trafiquants, et les Whitfield, fondateurs de la communauté. Mickey Rhodale et Victoria Whitfield, loin des querelles qui opposent leur famille, tombent amoureux l’un de l’autre. Leur union passe par une rupture douloureuse avec leur milieu d’origine.

Aurais-je sauvé Geneviève Dixmer ?, Pierre Bayard, Les éditions de Minuit : Pour sauver de l’échafaud Geneviève Dixmer – l’héroïne du roman de Dumas et Maquet Le Chevalier de Maison-Rouge–, dont je suis tombé amoureux dans mon adolescence, je ne vois qu’une solution : entrer moi-même dans le livre et devenir l’un de ses personnages.
Transporté sous la Révolution, je serai alors confronté à une série de dilemmes éthiques, que la période rend encore plus sensibles (« La fin justifie-t-elle les moyens ? », « Peut-on sacrifier une personne pour en sauver plusieurs ? », « Devons-nous assistance à tous ceux que nous croisons ? »…) et qui peuvent se réduire à la question, aussi déterminante aujourd’hui qu’hier : « Qu’est-il juste de faire ? »

Parapluie, Will Self, L’Olivier : Angleterre, 1971. Un psychiatre, le Dr Zachary Busner, s’intéresse au cas d’Audrey Death, une femme plongée dans un état catatonique depuis près de cinquante ans. Pour soigner sa patiente, Busner lui administre une drogue proche du LSD, qui va réveiller chez elle le récit de toute une vie.
Et c’est un monde fourmillant qui prend corps, celui du Londres de 1915, avec ses usines de parapluies, de munitions, l’émergence du féminisme et du socialisme. Mais aussi la Grande Guerre, dans laquelle se perdent les frères d’Audrey, Stanley et Albert.
Qu’est-il arrivé à Audrey ? Et que fait-elle dans cet asile d’aliénés ? Obsédé par cette question, Busner ne reconstituera le puzzle Death que dans les années 2000.
Multipliant les collisions de récits et d’époques,Parapluie mêle avec maestria la grande et la petite Histoire dans cet extraordinaire roman-fleuve aux accents joyciens.

Nu intérieur, Belinda Cannone, L’Olivier : « Elle était exactement faite pour mon désir. Je lui chuchotai Je voudrais vous faire l’amour. Elle rit légèrement, Maintenant ou tout de suite ? »
Un homme amoureux de deux femmes, et que cela ne dérange en rien, quoi de plus banal aujourd’hui? Le temps n’est plus où le péché d’adultère inspirait aux coupables les pires tourments – et à la littérature ses œuvres les plus incandescentes.
Ce livre nous montre pourtant qu’il n’en est rien, et qu’à l’époque de la libération sexuelle, de la psychanalyse et du féminisme, la passion, la jalousie et la mauvaise foi ont encore de beaux jours devant elles. Car c’est bien de passion qu’il est question dans ce roman d’analyse. L’obscénité y croise le grand style, les mots crus se conjuguent à l’acuité du verbe, et le désordre des sentiments n’affecte jamais la syntaxe. Comme si les personnages d’un roman de Benjamin Constant et ceux d’un récit érotique s’étaient donné rendez-vous, afin de faire plus ample connaissance. Cette confession d’un enfant du siècle – le nôtre – est un des romans les plus brûlants qui se puissent lire en ce moment. Car qu’y a-t-il de plus sexy que l’intelligence ?

Le cercle de Farthing, Jo Walton, Denoël : Huit ans après que « la paix dans l’honneur » a été signée entre l’Angleterre et l’Allemagne, les membres du groupe de Farthing, à l’origine de l’éviction de Churchill et du traité qui a suivi, fin 1941, se réunissent au domaine Eversley pour le week-end. Bien qu’elle se soit mariée avec un Juif, ce qui lui vaut d’habitude d’être tenue à l’écart, Lucy Kahn, née Eversley, fait partie des invités. Les festivités sont vite interrompues par le meurtre de Sir James Thirkie, le principal artisan de la paix avec Adolf Hitler. Sur son cadavre a été laissée en évidence l’étoile jaune de David Kahn. Un meurtre a eu lieu à Farthing et un coupable tout désigné se trouvait sur les lieux du crime. Convaincue de l’innocence de son mari, Lucy trouvera dans le policier chargé de l’enquête, Peter Antony Carmichael, un allié. Mais pourront-ils ensemble infléchir la trajectoire d’un Empire britannique près de verser dans la folie et la haine ?

Mille failles, François Carré, Denoël : François Carré rassemble de courtes chroniques humoristiques autour du thème de la gastronomie pour mieux aborder celui des rapports sociaux. Son pastiche culinaire est un moyen savoureux d’aborder notre difficile relation aux autres et d’épingler les codes rigides qui régissent nos modes de vie. Face au constat accablant du narcissisme et de l’animosité généralisée, l’auteur propose des «recettes» rafraîchissantes permettant de mieux vivre.
Caustiques et pleines de vérité sur le monde, à la façon d’un Stéphane de Groodt ou d’un Philippe Delerm, ces petites chroniques douces-amères sur les tracas du quotidien sont autant de pistes pour inciter à une plus exacte connaissance de soi-même et d’autrui.

Le guide des âmes perdues, Catherine Leroux, Denoël : Quelle est notre vraie famille? Est-il possible de la choisir? À travers le destin de quatre duos, Catherine Leroux interroge la naissance de l’amour et de l’amitié.
Un après-midi dans le sud des États-Unis, deux fillettes se promènent le long d’une voie de chemin de fer.
Dans leur maison au nord de l’Atlantique, Madeleine et son fils découvrent, à l’occasion d’un examen médical, qu’ils constituent un cas scientifique exceptionnel.
Non loin de là, Ariel et Marie forment un couple très uni. Ils évoluent dans un milieu politique féroce où la révélation de leurs origines va bouleverser leur vie.
Sur la côte californienne secouée par les séismes, Simon et Carmen apprennent l’identité de leur père. Ils comprennent alors que la vérité est parfois plus douloureuse que le mensonge.
Entre ces personnages, l’auteur dessine une cloison fine qui tantôt sépare, tantôt unit, estompant les frontières entre les secrets, la vérité et l’inouï. Inspiré de cas réels extraordinaires, Le Guide des âmes perdues est un roman choral lumineux qui touche l’essence des sentiments.

L’ancêtre en solitude, Simone et André Schwarz-Bart, Seuil : À la Guadeloupe, trois générations de femmes se succèdent depuis le milieu du XIXe siècle jusqu’aux premières années du XXe siècle. La première, Marie, a été achetée bébé par la veuve d’un planteur. Plus tard, un pauvre blanc la « met en case ». Il finira par l’épouser. Sa fille, Hortensia, est comme sa mère, une étrange petite fille, tentée par la révolte mais prisonnière de sa condition. L’esclavage a été aboli mais rien n’a vraiment changé. Puis vient Mariotte. Un homme qui est peut-être son père, lui raconte l’histoire de son aïeule, la mythique Femme Solitude. Elle entend aussi parler de négresses qui savent lire et écrire. Mais apprendre les « petites lettres » n’est-ce pas risquer de devenir folle ?
Le réalisme du quotidien est enchanté par l’imagination des trois héroïnes hantées par les sortilèges. La vie est dure. Mais c’est la joie ou du moins l’élan à vivre et à rire qui l’emporte toujours.

Retour à Watersbridge, James Scott, Seuil : Hiver 1897. Une sage-femme regagne sa ferme dans le nord de l’État de New York, chargée de cadeaux pour les siens. L’y attendent les corps ensanglantés de son mari et de ses enfants gisant dans la neige. Seul Caleb, 12 ans, a échappé au massacre : il a tout vu de la grange où il s’était réfugié parmi les animaux. Mère et fils abandonnent ce qu’il reste de leur foyer pour s’engager au cœur d’une contrée hostile et glacée à la poursuite des trois tueurs aux foulards rouges. Au fil de la traque, traversée d’épisodes d’une violence sèche et brutale contrastant avec la luminosité et le silence des étendues poudreuses, on comprendra que leur soif de vengeance repose sur une imposture…
Le mensonge, le poids du péché et la nature des liens du sang sont les catalyseurs troublants de cette équipée sauvage doublée d’un roman d’apprentissage.

Vous, Bernard Pingaud, Seuil : Le narrateur, un écrivain qui a perdu son public, s’adresse, dans une lettre imaginaire, à Jeanne, son ancienne et meilleure lectrice. Il lui raconte la longue liaison qu’il a eue autrefois avec un jeune violoniste, Cécile, dite Erica. Vingt ans après, il retrouve Jeanne dans la librairie où il l’a rencontrée pour la première fois. Ils correspondent, il s’attache à elle. Jeanne est malade. Elle lui propose de venir la voir, à Clermont, où elle vit seule. Après avoir hésité, il s’installe finalement dans sa maison et veille à ses côtés jusqu’à sa mort. Plus tard, il il décide de composer un dernier livre. Ce sera l’histoire, écrite avec une implacable sobriété, d’un « homme à qui manque quelque chose du côté du cœur ».

Une histoire de Jane Bowles, Félicie Dubois, Seuil : Il est des écrivains pour lesquels à l’œuvre, il faut ajouter la personne. Jane Bowles est de ceux-là.
Jane Auer Bowles (1917-1973), plus souvent présentée comme « la femme de » Paul Bowles (1910-1999), était considérée par Tennessee Williams comme l’écrivain le plus important des Lettres américaines modernes. Née à New York, d’origine juive hongroise, elle a vécu à Tanger, rendez-vous des excentriques cosmopolites ; elle est morte à l’âge de cinquante-six ans entre les murs d’une clinique psychiatrique de Málaga tenue par des religieuses catholiques.
« Lutin génial, elfe rieur, joyeux, torturé », selon Truman Capote, Jane Bowles était un être fondamentalement original. Elle est l’auteur d’un roman, Deux dames sérieuses, d’un recueil de nouvelles, Plaisirs paisibles, et d’une pièce de théâtre, Sa maison d’été.
Une histoire de Jane Bowles raconte l’écrivain et la femme dans un élan de complicité non dissimulée. C’est une histoire qu’elle aurait pu écrire.

Tu me trouveras au bout du monde, Nicolas Barreau, Héloïse d’Ormesson : Jean-Luc Champollion, galeriste parisien, s’était promis de ne plus jamais écrire une seule lettre d’amour depuis une terrible déception à l’adolescence. Pourtant, lorsqu’il en découvre une dans sa boîte à lettres, intrigué, il ne peut s’empêcher d’y répondre. Une relation épistolaire nourrie naît alors entre le jeune homme et l’énigmatique Principessa. Mais cette dernière sait ménager le suspense, et l’entraîne dans un jeu de piste amoureux avant d’accepter de se dévoiler en chair et en os. Pris au jeu de ce tendre duel, Jean-Luc s’enflamme. Qui est donc cette femme qu’il imagine sans la voir, qu’il comprend sans la connaître ? Comment la convaincre de se livrer ? Devra-t-il aller jusqu’au bout de la terre pour la tenir enfin serrée dans ses bras ?

Extramuros, Philippe Nicholson, Kero : Quand les entreprises auront pris le pouvoir, de quel côté du mur serez-vous ?
Dans un monde confronté à de fortes chaleurs et à une pénurie d’électricité, des zones d’affaires se sont multipliées. Elles assurent le confort et la sécurité des employés de grandes sociétés, séparés par de hauts murs électrifiés du commun des mortels aux conditions de vie de plus en plus difficiles. Les zones d’affaires, s’accaparant énergie et richesse, sont vite devenues plus puissantes que les pays qui les accueillent. L’Espagne vient de leur céder une de ses régions pour y édifier le premier état-entreprise, Evergreen. Mais dans le monde, la révolte gronde et la résistance s’organise. Le jeune Max souhaite en faire partie. Il va être entraîné malgré lui dans un engrenage qui risque non seulement de bouleverser sa vie, mais de changer la face du monde.
Devant la menace d’un monde gouverné par les entreprises, chacun va devoir se positionner et se confronter à sa propre vision de la résistance. Philippe Nicholson signe le polar politique du XXIe siècle.

Un voyage à Berlin, Hugo Hamilton, Phébus : Au gré de leurs pérégrinations dans Berlin, Liam et Úna se retrouvent. Úna est atteinte d’un cancer. Ce sera son dernier voyage.
Chacun fait don à l’autre de sa propre histoire et de ses secrets avec pudeur, franchise, humour et tendresse. Úna rêve d’assister à une représentation duDon Carlos de Verdi, dont le personnage principal lui rappelle son frère aujourd’hui disparu. Liam, quant à lui, est obnubilé par le mariage de sa fille auquel, par égoïsme, il s’oppose.
On ne peut, en lisant ce texte, ne pas penser à l’infinie tendresse qui liait Hugo Hamilton à la grande romancière irlandaise Nuala O’Faolain, qui s’est éteinte en 2008. Un voyage qui résonne comme un hommage, comme le témoignage d’une vibrante amitié : une vérité qui fait de ce livre l’un des plus émouvants d’Hugo Hamilton, l’un des plus intimes aussi.

Chers voisins, John Lanchester, Points : « Nous voulons ce que vous avez. » C’est l’énigmatique message que trouvent un matin dans leur boîte aux lettres les habitants de Pepys Road. Dans ce quartier ordinaire et plutôt chic du Sud de Londres vivent des hommes et des femmes, qui ne font que se croiser. Tous n’ont en commun que la rue qu’ils partagent. Mais qu’ont-ils donc qui suscite l’envie ?

Le jardin de l’aveugle, Nadeem Aslam, Points : Peu après le 11-Septembre, Jeo et son frère adoptif Mikal quittent le Pakistan pour aider leurs frères musulmans d’Afghanistan. Ils laissent derrière eux la belle Naheed : épouse du premier, mais aussi amour caché du second. Quand le secret de cette passion vole en éclats, il est trop tard : tombés aux mains des talibans, les deux hommes sont forcés de combattre côte à côte dans le camp des djihadistes…

La part du feu, Hélène Gestern, Arléa : À la suite d’une révélation qui la bouleverse, Laurence Emmanuel comprend que sa vie est peut-être moins simple qu’elle ne le pensait. Elle décide d’en apprendre davantage sur le passé de ses parents.
Très vite, ses recherches l’amènent sur la piste d’un militant d’extrême gauche, Guillermo Zorgen, qui a défrayé la chronique dans les années 70 avant de sombrer dans l’oubli.
Qui était cet homme ? Un idéaliste dans une époque troublée ou un dangereux pyromane ? Et surtout : quels liens entretenait-il avec les parents de Laurence ?
Au fil des témoignages, des documents, émerge le portrait contrasté d’un être énigmatique, qui a, comme une partie de sa génération, choisi d’exister par le combat. Mais au-delà, la quête de Laurence va surtout révéler les formes ardentes, et parfois destructrices, de la passion.

Les monstres qui ricannent, Denis Johnson, Christian Bourgois : Roland Nair travaille pour l’Otan. Après dix ans d’absence au Sierra Leone, cet agent danois est de retour à Freetown : son ami Michael Adriko souhaite lui présenter sa fiancée américaine. Personnage trouble, qui aurait entre autres servi dans l’armée ghanéenne et dans la garde rapprochée de l’émir du Koweït, Adriko vient de déserter une unité des forces spéciales américaines opérant en Afrique. Nair soupçonne rapidement que l’amitié n’est pas le seul motif de son invitation mais accepte néanmoins d’accompagner le couple dans le centre de l’Afrique pour rendre visite au clan d’Adriko…
Multipliant tromperies, péripéties et enlèvements, les trois voyageurs vont pénétrer clandestinement dans une zone de combats, à la frontière entre Ouganda et Congo.

Les prophètes du fjord de l’Éternité, Kim Leine, Gallimard : Morten Perdersen Falck a vingt-six ans lorsqu’il arrive à Copenhague pour étudier la théologie. Il loge chez un imprimeur où il découvre la sensualité et l’attraction des corps au contact de la fille aînée de la famille. Passionné de dessin et d’anatomie, il suit également des cours de sciences naturelles jusqu’à son prêche d’examen qui lui permet d’obtenir son diplôme. Il est alors repéré par l’évêque du Groenland qui le pousse à accepter un poste de pasteur dans la colonie danoise. Il embarque finalement en 1787.
La traversée est longue et éprouvante mais Morten Falck finit par rencontrer les habitants de Sukkertoppen, colons ou autochtones, dans cette petite station isolée de la côte ouest du Groenland. Les relations avec la couronne danoise et la mission évangélique sont tendues, surtout dans le fjord de l’Éternité où deux Groenlandais baptisés, Hababuk et sa femme, ont pris la tête d’une communauté dissidente. Les prophètes, adeptes d’un christianisme primitif, gênent autant qu’ils attirent Morten Falck…
Alors que la maladie et les propres contradictions du pasteur le dévorent un peu plus chaque jour, il essaie de poursuivre sa mission quel qu’en soit le prix, guidé par son esprit humaniste et la lecture de Rousseau. Kim Leine nous plonge dans son quotidien, dans un monde où les peuples malmènent les institutions et la foi, où les colons échouent face à la nature. Il redessine avec subtilité ce Groenland qui a fasciné, pendant des siècles, nos plus grands explorateurs.

Plus haut que la mer, Francesca Melandri, Gallimard : 1979. Paolo et Luisa prennent le même bateau, chacun de son côté, pour se rendre sur l’Île. Mais ce n’est pas un voyage d’agrément, car c’est là que se trouve la prison de haute sécurité où sont incarcérés le fils de Paolo et le mari de Luisa. Ce dernier est un homme violent qui, après un meurtre commis sous le coup de la colère, a également tué un surveillant en prison, tandis que le premier a été reconnu coupable de plusieurs homicides politiques sur fond de révolution prolétarienne. L’homme et la femme ne se connaissent pas, Paolo est professeur de philosophie, mais il n’enseigne plus ; Luisa, elle, est agricultrice et élève seule ses cinq enfants. À l’issue du voyage et de la brève visite qu’ils font au parloir de la prison, ils ne peuvent repartir comme ils le devraient, car le mistral souffle trop fort. Ils passent donc la nuit sur l’Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco Nitti, avec qui une étrange complicité va naître. Pour ces trois êtres malmenés par la vie, cette nuit constitue une révélation et, peut-être aussi, un nouveau départ.
Avec Plus haut que la mer, Francesca Melandri livre un deuxième roman incisif et militant, une superbe histoire d’amour et d’idées qui est aussi une subtile réflexion sur le langage, celui de la politique et celui du monde dans lequel nous vivons.

Ils ne l’ont jamais su, Marie Didier, Gallimard : C’est l’autobiographie (partielle) de Marie Didier, l’auteur de Contre-visite et de Dans la nuit de Bicêtre. Son père est tué à la guerre, sa mère devient institutrice et, enfant, elle contracte la tuberculose qui la condamne à un isolement de plusieurs années. Elle fait sa médecine à Toulouse, s’éprend d’un professeur de littérature qui, après sa désertion en opposition à la guerre d’Algérie, connaîtra un temps la prison. Le couple avec leurs deux filles va vivre à Alger où elle occupe un poste d’interne à l’hôpital Mustapha. À son retour en France elle devient gynécologue, se met dans l’illégalité en pratiquant des avortements clandestins, travaille en camps gitans et accueille dans sa maison des réfugiés de toutes provenances.
Mais ce récit, aussi et surtout, est un acte de reconnaissance. Il rend hommage à ceux qui, anonymes, et sans l’avoir pour beaucoup d’entre eux jamais su, ont infléchi le cours de son existence.

Eastern, Andrea Salajova, Gallimard : Martin, danseur et chorégraphe à Paris, revient dans son village slovaque pour revoir son grand-père mourant. Gabriela, une amie de jeunesse, l’accompagne, qu’il présente comme sa fiancée. Elle l’aidera à affronter, en même temps que son passé, son père et ses oncles, ces héros d’un «eastern» déboussolé depuis la chute du communisme. Eux pensent qu’ils ont tout raté et sont sans courage, humiliés, honteux, tandis qu’alentour la richesse s’exhibe, et l’argent facile. Martin voudrait les réconcilier avec eux-mêmes. Il dansera pour eux avec une grâce qui rendra à chacun son honneur et sa dignité.
Eastern est le premier livre d’Andrea Salajova, auteur et cinéaste d’origine slovaque. Écrit directement en français, il mêle la force du témoignage et de la vision à la riche palette d’émotions du roman.

La revanche de Kevin, Iegor Gran, POL : Quand on s’appelle Kevin, un prénom dont on dit qu’il fleure la beaufitude, marqueur social des années boys band, donné à plus de 14 000 bébés nés en France en 1991 puis tombé peu à peu en désuétude sous les commen-taires dédaigneux de celles et ceux qui portent des prénoms plus distin-gués, quand on porte le même prénom que Kevin Costner, élu pire acteur de la décennie aux Razzie Awards, que l’on se moque de vous à l’école et que, plus tard, pour peu que vous travailliez dans un milieu intellectuel, on vous jauge de haut avec un regard entendu, il est possible que l’on se mette à couver un méchant complexe.
Dur dur d’être un Kevin, pourrait-on chanter avec un certain sadisme, tant notre héros a accumulé de petites humiliations. Qu’elles soient souvent imaginaires ne les rend pas moins blessantes – la malédiction de Kevin, comme de tout complexé, est de voir des anguilles sous les roches, obses-sionnellement. Précisons qu’il travaille à la radio, où il côtoie de bien médiocres mandarins qui ne font que saler la plaie.
Pour se venger de ces prétentieux et du monde intellectuel en général, Kevin se livre à un petit jeu. Il traîne aux salons littéraires en se faisant passer pour un éditeur. Forcément, des écrivains en manque de débouchés finissent par lui envoyer des textes. Kevin fait semblant d’entrer en pâmoison, promet des merveilles éditoriales, fait mariner le naïf, avant de disparaître, laissant derrière lui un désordre de vanités froissées. C’est potache et cruel, mais ça soulage.
Avec La Revanche de Kevin, Iegor Gran poursuit donc l’exploration, commencée avecL’Ambition, des postures et des impostures propres à notre époque. Roman sur les faux-semblants littéraires, la vacuité du milieu éditorial, le snobisme des temples où l’on s’assied sur l’humain au nom de la culture, La Revanche de Kevin est aussi un périple dans les arcanes de la frustration comprimée. Qui ne s’est jamais retrouvé dans une situation où, par politesse calculée ou par peur de paraître inculte ou ringard, on masque ses opinions et ses goûts ? Comment ne pas sentir alors le Kevin trépigner au fond de soi ? Comment ne pas chercher la revanche ?
Le scalpel de l’écrivain reste l’ironie froide et dévastatrice ; on y ajoute une véritable tension narrative. Car il y a quelque chose d’inquiétant au royaume de Kevin. Tirées d’une enquête de police, quelques notes de bas de page, posées çà et là, font comprendre dès le début qu’il se trame une abomination, sans que l’on puisse définir précisément à quoi tient le malaise. L’angoisse se nourrit de détails d’apparence insignifiante qui révèlent soudain leur vraie nature – l’art de prendre le lecteur à contre-pied se pratique ici avec gourmandise. Pêle-mêle, parmi les éléments de narration qui cachent bien leur jeu, citons une armoire où l’on stocke des fournitures de bureau, un accident de ski, une jolie stagiaire, une belle-maman un peu trop mère-poule, un vieux livre de Junichirô Tanizaki. Pour sûr, la revanche n’est pas celle que l’on croit.

Ce soir, j’ai peur, Annie Saumont, Julliard : Durant les années 1960, Jane, étudiante en gymnastique, est torturée par le remords d’avoir empoisonné son amant, un dentiste de vingt-cinq ans son aîné qui semble avoir profité de sa jeunesse pour la séduire. Au fil d’une existence en apparence paisible avec ses camarades féminines, rythmée par divers entraînements physiques et des conversations de jeunes filles impatientes de découvrir l’amour, Jane ressasse son crime en secret dans la crainte d’être découverte un jour par la police ou par l’une de ses amies. Mais la vérité a parfois plusieurs visages et la version des faits que se raconte Jane n’est peut-être pas aussi conforme à la réalité qu’elle aimerait le croire… Quiconque connaît l’œuvre d’Annie Saumont sait combien la noirceur de l’âme humaine lui est familière. Dans un savant aller-retour entre récit à la troisième personne et monologue intérieur, elle brouille ici les pistes pour mieux traduire la confusion de son personnage. Avec sa concision percutante et sa parfaite maîtrise de l’ellipse, elle parvient mieux que personne à démonter les mécanismes qui conduisent à faire basculer une existence entière dans le désastre. Son univers très particulier s’accroche à des détails, à de banals objets du quotidien d’où découlent les drames intimes les plus enfouis. Ce soir j’ai peur est l’occasion de découvrir un des tout premiers romans d’Annie Saumont, plus connue aujourd’hui pour ses nouvelles, paru en 1961 et qui annonçait déjà toute la singularité de cette plume majeure de la littérature française contemporaine.

Zoé, Alain Cadéo, Mercure de France : Depuis que Zoé et moi échangeons nos écrits, j’ai la bonne impression d’avoir brisé ma solitude. Elle est, avec son écriture ronde, une petite boule de tendresse et d’originalité versée dans le café noir de ma mélancolie. Quand je vais à la boulangerie, c’est désormais un réconfort de la voir exister au milieu des autres. Plus personne ne fait attention à moi. On ne me regarde plus de travers. Je suis enfin un vrai client, un habitué. Notre minute est devenue quart d’heure. Elle joue, rien que pour moi, son numéro parfait de boulangère.
Henry vit retiré dans une espèce de fort isolé au bout d’une piste de dix kilomètres. Tous les deux jours, le vieil homme se rend au village voisin pour acheter son pain. C’est à la boulangerie qu’il rencontre Zoé, la jeune vendeuse de dix-huit ans. Au fil du temps, une curiosité réciproque et une complicité muette s’installent entre eux. Chacun est intrigué par l’autre, au point qu’un dialogue épistolaire et presque clandestin s’instaure : Zoé glisse des petits billets dans les miches de pain qu’achète Henry auxquels il répond avec une constance sans faille.

Suite italienne, Juliette Benzoni, Bartillat : Cette suite italienne se compose de tableaux où brillent les grands personnages de la Renaissance. À chaque famille correspond une cité au vaste rayonnement. Rome, bouillant comme un chaudron de sorcière sous ses papes jouisseurs, artistes et sanguinaires mais tremblant sous le fouet de César Borgia, dont le masque noir cache les ravages de la syphilis. Florence, soumise comme une femme amoureuse à la laideur puissante mais si pleine de charme de Laurent de Médicis. Ferrare et ses duchesses rebelles, Venise et sa sorcière, Milan et le dernier bal de Béatrice d’Este… Dans le même temps, la vieille terre italienne allait offrir au monde une civilisation qui servira de modèle.
Avec son immense talent, Juliette Benzoni nous conte les fantastiques chroniques de ces souverains et souveraines, qui par leur beauté et leurs excès entrèrent dans l’éternité…

Les intrus, Michael Marshall, Michel Lafon : Depuis qu’il a quitté la police de Los Angeles, Jack Whalen est devenu écrivain et s’est installé dans une petite ville tranquille sur la côte nord du Pacifique, dans l’espoir d’échapper au chaos de la cité des Anges. Mais un jour, un ancien copain de classe, Gary Fisher, lui demande son concours dans une obscure affaire d’héritage. À partir de ce moment, toutes les certitudes de Jack volent en éclats. Sa femme Amy, partie en voyage d’affaires, ne lui donne plus signe de vie. D’ailleurs, tout a changé autours de lui, y compris ce bon vieux Gary, qui n’est sans doute pas celui qu’il prétend être. Peut-être Jack Whalen trouvera-t-il des réponses à ces mystères en suivant une fillette dans les entrailles d’un immeuble de Seattle ? Reste qu’une partie de la solution dépend de sa volonté de remuer un passé qui le hante encore…

La mort roule en Audi, Kristian Bang Foss, Nil : La trentaine accomplie, Asger habite avec Sarah et sa fille, Amalie, dans un quartier très bon chic bon genre de Copenhague et travaille dans une agence de publicité. Mais à la suite d’une énorme bévue qui lui coûte son poste, il amorce une vertigineuse descente vers le fond. La crise de 2008 frappe alors l’économie danoise et trouver un emploi se révèle difficile. Asger se laisse glisser, au rythme des entretiens ratés, dans la volupté du désœuvrement : il commence à grossir, à boire un peu plus tôt chaque jour, puis de plus en plus tôt chaque matin. Et lorsque, dans un accident de vélo, Amalie est blessée, sa compagne le met définitivement à la porte. Au bout de six mois d’errance, criblé de dettes et alangui par l’alcool, il se voit contraint d’accepter n’importe quel travail pour s’en sortir : ce sera à Stentofte, une banlieue particulièrement sordide, pour devenir aide à domicile auprès de Waldemar, un homme encore jeune mais très gravement malade. Petit et bossu, presque invalide, une peau blanche de vampire, des yeux pénétrants cachés derrière de larges montures, Waldemar suscite immédiatement l’effroi. Pourtant, malgré les pronostics des médecins, il continue de vivre avec obstination et dignité. Et il a un plan : aller trouver un guérisseur, dans un petit village perdu du sud marocain. Sitôt les fonds réunis, voilà les deux hommes partis dans un voyage rocambolesque à travers l’Europe, à bord d’une fourgonnette Volkswagen, cruellement dépourvue de GPS. Sur leur chemin, ils croisent une communauté pseudo-anar dans le fin fond du Limousin, tentent leur chance aux dés à Monte-Carlo, assistent à une corrida à Séville, tentent le passage vers l’Afrique via Gibraltar. Mais sur la route, la Mort les talonne dans son Audi noire, menaçante et irréelle. Asger et Waldemar l’ont compris : la course contre la mort est lancée…

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2 thoughts on “Parutions de la semaine – 02/02/2015

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