Mini-critiques 10

Bienvenue dans ce dixième post de mini-critiques. Les premiers sont disponibles ici.

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Sommeil, Haruki Murakami, 1018, 2011

7-SommeilUne des nouvelles les plus énigmatiques de Jaruki Murakami, superbement illustrée aux couleurs de nuit par Kat Menschik. Dans un style pur et cristallin, une plongée obsédante dans les dix-sept nuits sans sommeil d’une femme, pour pénétrer tout le mystère et la magie de l’univers du maître.

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C’est un très joli objet que nous proposent les éditions 1018 avec ce titre. La fabrication est particulièrement soignée : fer argenté, deuxième couleur argentée à l’intérieur, illustrations, papier de qualité… Quant à la nouvelle en elle-même, elle est assez bizarre et inquiétante. Il y a un côté très kafkaïen dans cette histoire.

Catégories : littérature japonaise, livre-cadeau, nouvelle

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Belle Époque, Elizabeth Ross, Robert Laffont, Collection R, 2013

Belle époque« Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante. »
Lorsque Maude Pichon s’enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l’exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s’y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d’un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle : « On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile. » L’Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le repoussoir. Son slogan ? « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante. » Étranglée par la misère, Maude postule…

Monsieur Durandeau a déjà amassé une petite fortune grâce à sa riche clientèle, et quand la Comtesse Dubern vient chercher une compagne pour Isabelle, sa fille aux idées bien arrêtées, Maude est immédiatement choisie comme faire-valoir idéal.
Mais Isabelle ne sait pas que sa nouvelle « amie » n’est en fait que de location, et l’existence de Maude au sein de l’aristocratie repose entièrement sur sa capacité à garder ce lourd secret. Pourtant, plus elle en apprend sur Isabelle, et plus sa loyauté envers la Comtesse est mise à l’épreuve. Et plus la tromperie dure dans le temps, plus Maude aura à perdre…

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Le gros plus de ce livre, ce sont les dernières pages, dans lesquelles se trouvent la nouvelle d’origine, Les Repoussoirs, de Zola. On se rend compte que l’auteur français, comme dans tous ses textes, utilise un ton très journalistique. Il reste volontairement très détaché de l’histoire, ce qui la rend encore plus cruelle. Pour en revenir au texte d’Elizabeth Ross, je trouve qu’il manque vraiment de cruauté, et que la fin est un peu puérile. 

Catégories : littérature anglaise, nouvelle française, Zola, Paris

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Le Livre des MÈRES parfaites, Alison Maloney, Pocket, 2012

Le Livre des MÈRES parfaites

Vos bambins ou vos ados vous font craquer ? Vous aimeriez parfois, comme la femelle manchote, faire rouler vos œufs hors du nid d’un discret coup de pied ?
Pas de panique ! Grâce aux trucs et astuces de cet ouvrage, vous verrez comme il est simple d’organiser une fête d’anniversaire inoubliable, d’occuper les enfants les jours de pluie ou lors des longs trajets en voiture.
Mille et une façons de ne jamais être prise au dépourvu, et de garder son calme, en toutes circonstances…

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Un ouvrage plutôt sympathique avec son côté rétro très années cinquante ! Il alterne les bons plans (que faire à un goûter d’anniversaire par exemple) avec des anecdotes (sur les mères parfaites, sur les mamans animaux, etc.). Ça peut faire un chouette cadeau à offrir sans se ruiner !

Catégories : non fiction, humour, littérature anglaise

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Cette chanson-là, Sarah Dessen, PKJ, 2010

Cette chanson-làRompre avant que l’autre ne le fasse, telle est la philosophie de Julie en matière de garçons. Alors pourquoi ne parvient-elle pas à appliquer sa devise avec Damien ? Il est brouillon, impulsif et, pire que tout, musicien comme son père. Ce père qu’elle n’a jamais connu et qui lui a écrit une chanson célèbre avant de disparaître : « This Lullaby », qu’elle écoute quand elle a le coeur serré. Julie serait-elle en train de découvrir ce dont parlent toutes les chansons d’amour ?

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Je ne m’attendais pas à ce que ce titre soit aussi jeunesse/ado. Résultat il en découle une histoire un peu neuneu qui peut être tout à fait dans l’optique d’une lecture quand on a 13 ou 14 ans, mais au-delà, je trouve qu’on a l’impression que ça rame un peu !

Catégories : littérature américaine, romance, ado, jeunesse

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La passe dangereuse, Somerset Maugham, 1018, 1985

La passe dangereusePeu de mondes semblent aussi éloignés l’un de l’autre que ceux de Somerset Maugham et de George Orwell. On découvre pourtant avec surprise dans un essai de l’auteur de 1984 qu’il admirait « immensément » Maugham pour son « talent à raconter une histoire sans la moindre fioriture ». Au lecteur de se laisser séduire par une invraisemblable histoire d’amour dans le Hong Kong de la grande époque coloniale anglaise avec adultère, épidémie, général chinois, bonnes sœurs… Ingrédients que Maugham mélange avec un art consommé du récit et une maîtrise raffinée de la « belle ouvrage ».

« Hong Kong sous la domination britannique : amours, mystères et drames. Un écrivain à l’extraordinaire puissance évocatrice. » (Elle)

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La passe dangereuse est un court roman, intense. Il raconte l’adultère d’une femme mariée à un homme qu’elle n’aime pas mais qui est fou d’elle. On est comme dans le parcours initiatique de Kitty, au milieu d’une épidémie qui exacerbera les sentiments. Un livre étonnant.

Catégories : littérature anglaise, classique

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Tout ce qui brille, Anna Godbersen, Le Livre de poche, 2013

Tout ce qui brilleNew York, 1929. Chaque soir, théâtres, cabarets et soirées de premières sont promesses de faste et de gloire. C’est du moins l’image que s’en font Letty et Cordelia, deux amies qui ont fui leur Midwest natal pour une vie plus excitante. Letty est prête à tout pour devenir actrice. Cordelia, de son côté, veut retrouver son père, un gangster riche et célèbre. Pour les deux jeunes filles, le rideau s’ouvre sur un monde dangereux où le glamour, le mensonge et l’intrigue sont des armes pour réussir. Mais New York est comme le champagne : lumineuse, dorée et attirante, à condition de ne pas se laisser griser… Un roman girly mais pas superficiel, doté d’une réflexion subtile et d’une écriture ciselée.

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Une très belle citation de Fitzgerald en exergue (issue des Enfants du jazz) :

Un étrange objet lumineux fusa dans le ciel… Un instant, dans les clubs privés et les bars clandestins, les gens posèrent leurs verres et se mirent à penser à leurs vieux rêves. Voler était peut-être une issue. Dans l’infini du ciel, notre sang en ébullition trouverait peut-être ses frontières. Mais à cette époque, nous étions tous plutôt bien embarqués. Et les années folles continuaient. Nous pouvions boire un autre coup.

C’est un roman un peu lent, mais pas trop mal, premier d’une série. Les deux jeunes héroïnes, Letty et Cordelia, manquent un peu de naïveté pour deux jeunes filles de la campagne à l’époque. Elles ont un côté « tout est normal » assez décalé par rapport à ce qu’on attend. Mais ça se laisse lire, et je continuerai peut-être avec le second tome !

Catégories : série, jeunesse, années folles, littérature américaine

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Night School, tome 2, Héritage, C. J. Daugherty, Robert Laffont, 2012

Night School 2Humiliée de devoir la vie sauve à d’autres qu’elle-même, Allie Sheridan finit par rejoindre en automne les rangs de la très sélective Night School. Commence alors le véritable apprentissage aux côtés du troublant Carter et du sulfureux Sylvain…
La société secrète combine cours de self-défense aux cadences infernales et entraînement à la survie digne des commandos d’élite. À Cimmeria, les pensionnaires doivent s’exercer à vivre comme les impitoyables personnages de pouvoir qu’ils sont appelés à devenir : politiciens de haute volée, PDG de multinationales ou conseillers de l’ombre.
Et le message de la Night School est clair : pour pouvoir dominer le monde, il faut renoncer à toute vie privée et se dévouer corps et âme à l’Organisation. Mais que faire quand l’amour et la mort s’invitent au bal des menteurs ?

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Un second tome mieux que le premier, avec des personnages qui ont davantage de sens. Néanmoins, certaines révélations tombent un peu comme un cheveu sur la soupe (comme l’histoire de la grand-mère par exemple…). Une série que je vais donc continuer pour voir ce que ça donne !

Catégories : littérature anglaise, Young Adult, série

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Série Evernight, Claudia Gray, PKJ, 2011-2013

Depuis son arrivée à Evernight Academy, Bianca n’a qu’une envie : fuir. Dans cette école prestigieuse aux allures de manoir gothique, ou les élèves sont tous parfaits et prétentieux, Bianca n’est pas à sa place. Pire, elle se sent en danger.
Un jour, elle rencontre Lucas. Lui non plus ne correspond pas aux critères d’Evernight. Il est différent, indépendant, et malgré ses airs provoquants sa présence la rassure. Rapidement un lien indéfectible se tisse entre eux.
Mais la menace persiste. Ici tout n’est qu’apparence et, un à un, des secrets se dévoilent. Lucas serait-il un vampire ?

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Bof, bof, bof, bof, bof… (Ça, c’est de la critique !) Alors au bout de 150 pages, on apprend que, ô surprise, Bianca boit du sang tous les matins, mais ça ne la choque absolument pas, alors que, vous rendez-vous compte, Lucas serait un vampire ! OMG ! Le second tome se tient un peu plus que le premier jusqu’au moment où, PAF (le chien. Pardon pour cette blague débile), des FANTÔMES ! Et dans le troisième tome, on aura droit aux sorcières peut-être ? Bref, fuyez vous aussi.

Catégories : série, littérature américaine, Young Adult, vampires

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Pourquoi pas ?, David Nicholls, Belfond, 2012

Pourquoi pas ?Une acné récalcitrante, un goût vestimentaire improbable, pas un sou en poche… Brian Jackson n’a rien du tombeur de la fac. Jusqu’au jour où son véritable talent se révèle. Écrit en 2003, un roman tendre, plein d’humour, sur l’adolescence et les relations amoureuses, où l’on retrouve, en filigrane, tous les ingrédients qui feront l’énorme succès international d’Un jour.
Un humour décapant pour une comédie savoureuse et pleine d’émotion, qui retrace l’itinéraire d’un étudiant prolo dans l‘upper class. Satire sociale de l’Angleterre thatchérienne, hommage à la culture pop des eighties, un roman piquant où l’on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès international d’Un jour.

L’université ! Brian Jackson s’y voyait déjà en dandy intello, distribuant les bons mots et charmant de son esprit toutes les filles du campus. Adieu l’usine de toasters, la mère envahissante, le pub crasseux. Bonjour la vraie vie !
Seulement voilà, entre le rêve et la réalité, il y a un monde. Pas facile de devenir la coqueluche de la fac quand on est affligé d’une acné récalcitrante. Et encore moins de séduire la belle et riche Alice.
Mais le jeune homme a une arme secrète : une culture générale foisonnante. Sélectionné in extremis dans l’équipe du Questions pour un champion local, la voie du succès semble désormais entrouverte.
De grandes surprises en petites désillusions, Brian Jackson finira par faire plier le destin !

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C’est un titre plutôt agréable à lire, avec beaucoup de second degré et beaucoup d’humour ! Néanmoins, ce n’est pas une comédie, on sent un côté triste derrière cette façade ; ce contraste est vraiment la patte de David Nicholls, ses admirateurs le retrouveront bien dans ce titre !

Catégories : littérature américaine, David Nicholls

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Nocturne indien, Antonio Tabucchi, 1018, 2004

Nocturne indien« Sensible aux choses qui ne sont pas à leur place, Tabucchi, pour qui l’existence elle-même est un malentendu, est un auteur jusque-là inconnu à lire absolument. De tous les écrivains apparus sur la scène littéraire italienne ces dix ou douze dernières années, Antonio Tabucchi est sans doute le seul dont on puisse affirmer qu’il est entré d’emblée, et d’autorité, au nombre des classiques de notre temps. À ce titre, la parution simultanée de trois de ses livres chez Christian Bourgois est un événement qu’il convient de saluer haut et fort », écrivait récemment Christian Viredaz dans le Journal de Genève. Voici déjà pour les lecteurs de 10/18 le premier Tabucchi.

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Il fait chaud, en Inde. Un homme, le narrateur, part à la recherche d’un ami disparu. Dans la chaleur des nuits indiennes, un homme part à la recherche d’un ami disparu. L’Inde s’y révèle dans toute sa splendeur et sa dureté, entre luxe et misère. C’est un petit livre étonnant. On a l’impression que tout se passe dans une sorte de clair-obscur, dans l’entrelacement du rêve et de la réalité, à la limite de l’onirisme. À noter la très belle citation de Maurice Blanchot en exergue :

Les gens qui dorment mal apparaissent toujours plus ou moins coupables : que font-ils ? Ils rendent la nuit présente.

Catégories : littérature italienne, Prix Médicis 1987
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