Le théorème du homard

Un roman drôle et décalé pour une comédie romantique touchante !

Don Tillman n’est pas un homme comme tout le monde. D’abord, il est professeur de génétique. Ensuite, il recherche la femme idéale, ce qui, en soit, n’est pas très original. Mais la différence consiste dans ce qu’il appelle l’Opération Épouse : un questionnaire de son cru, très précis, lui permettant de sélectionner directement la femme qui partagera sa vie. Elle ne doit pas fumer, aimer boire mais pas trop, faire du sport, être ponctuelle, accepter le Système de Repas normalisé instauré par Don (qui, pour des raisons pratiques, mange le même repas tous les lundis, un autre tous les mardis – le fameux homard – etc.)…

Ah, autre chose à préciser : Don est un handicapé des relations sociales. C’est quelqu’un de pragmatique, qui n’arrive pas à se conformer aux codes sociaux qu’il ne comprend pas, qui ne saisit pas toujours le second degré (voire jamais), et qui n’hésite pas, en toute bonne foi, à dire leurs quatre vérités à toutes les personnes qui croisent (notamment la Doyenne de l’Université dans laquelle il travaille). Et lorsque Gene, son meilleur (et unique) ami, lui demande de le remplacer pour donner une conférence sur l’autisme Asperger, dont tous les signaux renvoient vers Don, le lecteur commence à comprendre qu’il ne s’agit pas seulement d’impolitesse, mais que ça va bien plus loin.

Une fois ce tableau tracé, vous vous doutez bien que les choses ne vont pas en rester là… Et c’est à ce moment qu’apparaît Rosie, la belle Rosie. Le problème, c’est qu’elle n’entre absolument pas dans les cases : elle fume (beaucoup), elle boit (beaucoup aussi), la ponctualité, ce n’est pas son fort… Elle est donc d’office écartée de l’Opération Épouse. Oui, mais voilà : elle a besoin des compétences en génétique de Don pour retrouver son père biologique. Ils vont donc être amenés à passer pas mal de temps ensemble pour l’Opération Père…

J’ai beaucoup aimé cette comédie. Le narrateur est Don, et c’est assez fascinant d’être dans la tête d’un autiste. Il ne s’encombre pas de tout ce qui construit notre vie en société, et c’est plutôt jouissif. En même temps, on voit les efforts qu’il s’efforce de faire (il a bien compris qu’il valait mieux interpeller la dame du fond de l’assemblée en disant « la dame en surpoids là-bas au fond » plutôt que « la grosse dame »…).

L’humour et la tendresse sont omniprésents, et c’est touchant de percevoir les efforts d’un homme qui s’estime incapable de sentiments car pas programmé pour. Et pourtant, autour de lui, des gens sont prêts à lui tendre la main pour l’intégrer. Une jolie découverte qui accompagnera parfaitement les beaux jours !

À noter le titre original, The Rosie Project, qui est plus parlant et davantage en rapport avec le texte (le homard n’apparaît pas plus de deux ou trois fois dans le livre).

Le théorème du homard ou comment trouver la femme idéale, Graeme Simsion, Nil Éditions, 2014

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