Mini-critiques 7

Bienvenue dans ce septième post de mini-critiques. Les premiers sont disponibles ici.

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Les livres que j’ai vraiment voulu mettre en avant ont droit à un post complet disponible à partir de l’onglet « Livres » (n’hésitez pas à aller consulter la liste des critiques).

L’affaire Pélican, John Grisham, Robert Laffont, 1992

l affaire pelicanAu beau milieu d’une nuit d’octobre, Abe Rosenberg, personnalité légendaire de la Cour suprême, est assassiné par balle dans sa maison de Georgetown. Deux heures plus tard, Glenn Jensen, le plus jeune magistrat de la Cour, et l’un des plus conservateurs, est découvert étranglé. Le pays est bouleversé. Le FBI n’a pas le moindre indice.
Darby Shaw, brillante et charmante étudiante en droit, établit un lien fragile entre les deux magistrats et procède à divers recoupements : un suspect se dessine, une personnalité de l’ombre, aux amis puissants… Dès lors, la vie de Darby est en danger. Elle contacte alors un journaliste du Washington Post, qui se passionne pour ce double assassinat, et elle le persuade que le gouvernement veut étouffer l’affaire. Tous deux décident de poursuivre l’enquête. Coûte que coûte. Traqués, ils doivent survivre assez longtemps pour faire éclater la vérité.
L’affaire Pélican a été adapté au cinéma en 1993 par Alan J. Pakula avec Julia Roberts et Denzel Washington.

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Grisham a fait deux très bons titres (les seuls que j’avais lus jusqu’alors) : La firme (le premier titre que j’ai lu de lui) et Le couloir de la mort. J’ai été un peu déçue par L’affaire Pélican : ça reste un bon thriller, mais pas meilleur qu’un autre. Il me manque ce petit truc en plus. Néanmoins, cela reste un bon divertissement.

Catégories : Grisham, thriller, suspense, littérature américaine

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L’âge des miracles, Karen Thompson Walker, Presses de la cité, 2012

L_age_des_miraclesEt si nos journées commençaient à s’allonger, d’abord de quelques minutes, puis de plusieurs heures, jusqu’à ce que le jour devienne la nuit et la nuit le jour ?
Une journée d’octobre apparemment comme les autres, l’humanité découvre avec stupeur que la vitesse de rotation de la Terre a ralenti. Les jours atteignent progressivement vingt-six, vingt-huit puis trente heures. La gravité est modifiée, les oiseaux, désorientés, s’écrasent, les marées se dérèglent et les baleines s’échouent… Tandis que certains cèdent à la panique, d’autres, au contraire, s’accrochent à leur routine, comme pour nier l’évidence que la fin du monde est imminente. En Californie, Julia, est le témoin de ce bouleversement, de ses conséquences sur sa communauté et sa famille. Adolescente à fleur de peau, elle est à l’âge où son corps, son rapport aux autres et sa vision du monde changent : l’âge des miracles.

Entre roman d’anticipation et roman d’apprentissage, L’Âge des miracles est un livre visionnaire sur la capacité d’adaptation de l’homme, poussée ici à son paroxysme.

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Et si la Terre ralentissait ? Et si les journées s’allongeaient, de même que les nuits ? Ce roman extrêmement angoissant nous donne à penser que notre « sécurité terrestre » ne repose pas sur grand chose… 
Néanmoins, je reste dubitative : l’idée est excellente, mais je trouve qu’il ne se passe pas suffisamment de choses. C’est une constatation de ce que pourrait être la vie avec une gravité différente, des cycles de 60 heures, etc., mais il manque une histoire plus dense.

Catégorie: roman américain, science-fiction, young adult, anticipation

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La liste, Siobhan Vivian, Nathan, 2013

La listeLa liste nomme 8 filles chaque année
Les 4 plus belles et les 4 plus laides du lycée
Et si votre nom s’y trouvait ?

Une tradition odieuse sévit au lycée de Mount Washington : tous les ans, une semaine avant le bal de début d’année, une liste est placardée dans les couloirs. Personne ne sait qui établit cette liste. Et personne n’a jamais réussi à empêcher qu’elle soit publiée. Invariablement, chaque année, la plus belle et la plus laide des troisièmes, des secondes, des premières et des terminales sont désignées. 8 filles en tout. 8 filles qui se retrouvent sous les projecteurs impitoyables du lycée. 8 filles qui vont voir leur vie brusquement changer… pour le meilleur et pour le pire ?

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Je n’ai pas gardé énormément de souvenirs de ce titre. Ça se passe dans un lycée américain, c’est plutôt un titre jeunesse, donc il n’y avait rien qui me rattache véritablement à cette histoire. Les personnages sont stéréotypés, il faut arriver à suivre puisque chacune des huit filles à son coup de projecteur… Enfin bref, pas un succès.

Catégories : littérature américaine, jeunesse, ados

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Daffodil Silver, Isabelle Monnin, JC Lattès, 2013

DaffodilC’est une semaine spéciale dans la vie de Daffodil Silver. 
Elle doit solder la succession de ses parents récemment disparus. Avant d’accepter ou de refuser l’héritage colossal qu’ils lui laissent, elle veut raconter au notaire leur singulière histoire. 
Le récit commence bien avant sa naissance, quarante ans auparavant. La mère de Daffodil s’appelle Lilas. Elle est la première des deux filles de Marguerite et Marcel, le propriétaire de l’usine des Souvenirs Faure. Trois ans après elle, est née sa moitié miraculeuse, l’autre face de sa médaille, un soleil : Rosa. 
Les sœurs sont inséparables. Elles rêvent d’ailleurs et de création, sont le noyau d’un joyeux groupe d’amis. Ensemble, ils jouent aux cartes et s’inventent des avenirs glorieux. 
Beau temps ne dure jamais. 
Alors que Lilas vient de donner naissance à sa fille, Rosa meurt brutalement. 
Passé le choc, vient le sursaut : Lilas décide, pour prolonger d’autant la vie de sa sœur et donner un sens à la sienne, d’écrire un livre qu’on mettrait autant de temps à lire que Rosa a vécu. Vingt-six ans, trois mois et six jours. Une cathédrale peut être magnifique et monstrueuse. La quête est vaine. Elle se heurte à l’indéfinissable de chacun, à ses mystères.

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J’avais adoré le premier livre d’Isabelle Monnin, Les vies extraordinaires d’Eugène. Encore une fois ici, ce sont les thèmes de la mort, du deuil, de la perte qui sont abordés, mais j’ai été moins touché par ce roman. Néanmoins, l’écriture est très belle, et la profondeur des sentiments décrits ne peut laisser indifférent.

Catégories : roman français, amour, sœurs, deuil

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Série The Mortal Instruments (La Cité des Ténèbres), Cassandra Clare, PKJ

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Clary n’en croit pas ses yeux. Elle vient de voir le plus beau garçon de la soirée commettre un meurtre. Et, détail terrifiant : le corps de la victime a disparu d’un seul coup ! Mais le pire reste à venir… Sa mère a été kidnappée par d’étranges créatures et l’appartement complètement dévasté. Sans le savoir, Clary a pénétré dans une guerre invisible entre d’antiques forces démoniaques et la société secrète des Chasseurs d’Ombres… Une guerre dans laquelle elle a un rôle fatal à jouer.

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Alors oui j’ai lu quatre tomes d’affilée. Et non, je n’ai pas aimé. Pourquoi me suis-je donc infligée ça ? Parce que j’avais les livres, donc le mal était fait, et que j’ai beaucoup de mal à me débarrasser d’un livre sans l’avoir lu. Je me dis toujours que ça va peut-être être mieux après, que si ça se trouve il va y avoir un renversement de ouf malade au quatrième tome et que je vais rater ça… Bon ben là je n’aurais rien raté. Du tout. C’est mièvre, c’est tiré par les cheveux, c’est sans intérêt. En plus ce sont des gamins, je ne vois pas comment le héros pourrait avoir le corps (qui est très miam) qu’on voit sur la couverture.

Catégories : young adult, jeunesse, série

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Les demoiselles d’Amsterdam, jumelles et prostituées, Martine et Louise Fokkens, Fleuve Noir, 2013

9782265097216À 70 ans, si Louise a désormais raccroché ses bas et cuissardes, sa sœur Martine, elle, continue toujours d’officier. Véritables icônes du Quartier Rouge, elles détonnent dans l’environnement de jeunes pousses venues des quatre coins du globe. 
Dans ce récit, ces deux femmes de caractère, débordantes d’optimisme et de bonne humeur, racontent leur histoire, de leur arrivée sur le trottoir à leur décision de se mettre à leur compte. Elles nous livrent leurs interrogations sur leur vie de famille et témoignent de l’évolution de leurs conditions de travail depuis le début des années 1960, sans détour et toujours avec légèreté. 
Elles réussissent l’impossible : parler de prostitution, de violence parfois, sans jamais sombrer dans le sordide, mais avec sincérité et une bonne dose d’humour. 
Poussez la porte de leur maison de passe et découvrez l’envers du décor…

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Obligées de vendre leurs corps pour survivre, l’une notamment à cause de son mari qui préfère passer sa paye en boisson qu’en aidant au foyer, les deux jumelles vont très tôt connaître le visage de la prostitution. C’est glauque, mais elles parlent avec beaucoup de bienveillance, du haut de leurs 70 ans, de certains de leurs clients, qui ont pu devenir des amis au fil du temps. Chez elles il n’y a aucun voyeurisme mais de l’humour, malgré la difficulté de leurs conditions. Un témoignage intéressant.

Catégories : essai, témoignage, documentaire

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Le linguiste était presque parfait, David Carkeet, Monsieur Toussaint Louverture, 2013

ImageOn traite le séduisant linguiste Jeremy Cook de trou-du-cul devant l’une de ses charmantes assistantes, et tout fout le camp! D’autant que l’un de ses collègues de l’institut d’étude du langage des nourrissons, un individu discret et obsédé par l’étrange notion de « contre-amitié », vient d’être assassiné. Du jour au lendemain, Jeremy va devoir élucider un meurtre, rédiger une conférence dont l’intitulé change tous les matins, faire le joli cœur et, plus important encore, découvrir – grâce à la linguistique et à quelques coups tordus – d’où sortent ces foutues rumeurs sur lui. Qui a dit que la vie d’un linguiste était un long fleuve tranquille ?
David Carkeet crée un monde d’extravagances et d’antipathies, où se croisent un flic érudit dont la suffisance intellectuelle n’a d’égale que son aversion pour le crime, un directeur despotique dont les règles frisent la démence, et des chercheurs à l’esprit alambiqué. Dans la lignée de David Lodge, Joseph Connolly et Donald Westlake, Le linguiste était presque parfait nous entraîne au pays bizarre de la double négation et de l’énoncé performatif, où l’humour le dispute à la tragédie.

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Phénomène littéraire en 2013, j’attendais beaucoup de ce titre avec sa couverture flashy. Les critiques étaient dithyrambiques, j’étais très enthousiaste, bref, j’allais passer un bon moment de lecture. Et bien non. J’ai trouvé que c’était long, pas aussi drôle que ça promettait, et un peu trop bizarre pour moi. Je suis sans doute passée complètement à côté. Tant pis !

Catégories : littérature américaine, succès littéraire, roman policier

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Envies de fraises, Jennifer Weiner, Belfond, 2005

515C12JPAYL._SY445_Fous rires, petites contrariétés et envies de fraises… Une tendre comédie, sincère et émouvante sur trois jeunes femmes lancées dans l’aventure de la maternité.
Chef dans un restaurant, Becky est éperdument amoureuse de son chirurgien de mari et ravie de l’annonce de sa première grossesse. Tout irait bien si les médecins la lâchaient un peu avec son problème de poids. Et si son infernale belle-mère arrêtait de la ramener.

Kelly est overbookée, hyper ordonnée et archi ambitieuse. Elle s’investit dans sa grossesse comme dans tout, c’est-à-dire à fond. Seul point noir dans cette organisation parfaite : son mari qui passe ses journées vautré dans le canapé. Ça fait désordre.
Ayinde est un canon. Et intelligente. Et gentille en plus. Et aussi mariée à un champion de basket dont elle attend un enfant. Bref, le genre de fille qu’on adorerait détester. Oui mais voilà, sa vie est loin d’être rose.
Quand ces futures mamans font connaissance dans un cours de yoga prénatal, elles se disent qu’elles n’ont rien en commun. Mais la maternité leur promet bien des surprises… et une solide amitié.

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Bienvenue dans de la mum-lit ! C’est plutôt sympathique mais pas aussi savoureux que Sophie Kinsella ou Isabelle Wolff. Les personnages sont un peu trop stéréotypés (la grosse, la belle, la stressée), avec des problèmes très ciblés (la belle-mère, la célébrité). On n’est pas dans la meilleure comédie que l’on puisse trouver !

Catégories : littérature américaine, grossesse, chick-lit, mum-lit

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Ce qui restera de nous, Mark Gartside, Belfond, 2013

9782714455482Un roman drôle et touchant, d’une honnêteté désarmante sur les affres de la paternité, qui rappelle Un jour de Nicholls pour la tendresse, la nostalgie et l’humour, mais aussi pour sa peinture sociale des années Thatcher.
Entre rires et larmes, un roman d’une honnêteté désarmante sur l’amour et les affres de la paternité, qui rappelle le 
Un jour, de David Nicholls, pour l’humour et la tendresse, mais aussi pour sa peinture sociale des années Thatcher.
Nous sommes en 1985, dans le nord de l’Angleterre. Graham Melton rencontre Charlotte Marshall. Lui est fils d’ouvrier, abhorre Thatcher et adore la bière. Elle est issue de la bourgeoisie, voterait plutôt conservateur et ne jure que par l’opéra.
Contre toute attente, entre ces deux-là, c’est le coup de foudre, le début d’une grande histoire d’amour.
Vingt-quatre ans plus tard, Tony Blair est au pouvoir, la crise a laissé une partie de la jeunesse sur le carreau et Graham élève seul Michael, leur fils de quinze ans.
Papa poule un peu envahissant, Graham essaie coûte que coûte de tenir son fils éloigné des filles. Michael, adolescent moqueur, inscrit en secret son père sur des sites de rencontres. Avec autant d’amour que de maladresse, chacun veille sur l’autre comme il peut.
Mais un drame va faire voler en éclats ce fragile équilibre et replonger Graham dans un passé douloureux…

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Alors tout d’abord, la couverture, que je n’aime mais pas du tout ! Mais bon, passons outre. Deuxièmement, le résumé. En fait, il y a quasiment toute l’histoire en quatrième. Résultat, il n’y a pas de surprise, et on finit par s’ennuyer. Rien que la présentation laisse donc à désirer. Bref, passez votre chemin, il y a plein de meilleurs livres à lire.

Catégories : littérature anglaise, premier roman

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Oh my dear!, T. J. Middleton, Le Cherche-midi, 2013

oh my dear de MiddletonIl a commis le crime presque parfait. Ou presque…

Al Greenwood, 50 ans, est taxi dans un paisible petit village côtier d’Angleterre. C’est un homme qui a tout pour être heureux et qui le serait certainement s’il n’était pas marié à l’encombrante Audrey. Aussi décide-t-il un jour tout simplement de s’en débarrasser en commettant le crime parfait. Le scénario est vite trouvé : profitant d’une des promenades quotidiennes de sa femme, il la précipitera du haut d’une falaise. Aussitôt dit, aussitôt fait, Al s’embusque sur le parcours habituel d’Audrey, surgit à son passage et la précipite dans le vide. Tout se passe comme prévu… sauf qu’en rentrant chez lui il tombe nez à nez avec son épouse qui lui annonce avoir exceptionnellement renoncé à sa petite balade.
S’il n’a pas tué Audrey, qui est donc sa victime ? Et comment va-t-il déjouer la perspicacité des enquêteurs, dans cette petite communauté où tout le monde se connaît ? Quant à sa femme, qui commence à trouver son comportement étrange, ne faut-il pas qu’il s’en débarrasse très vite, avant qu’elle ne nourrisse trop de soupçons ? Mais cela ne fera-t-il pas de lui un tueur en série ? Commence alors pour Al un long cauchemar, dont il est encore très loin de soupçonner l’issue.

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Entre le pitch, la couverture et le titre, on pouvait s’attendre à un texte féroce, rempli d’humour noir (mais d’humour quand même), avec en toile de fond tout de même cette question : mais qui a-t-il tué ? Je n’ai pas accroché à ce texte, et je suis déçue qu’il ne m’ait pas plu, j’en attendais beaucoup. Ça manque de peps, ça manque de cette petite étincelle qui fait qu’un roman est réussi.

Catégories : littérature anglaise, thriller

One thought on “Mini-critiques 7

  1. J’ai lu « Envie de fraises » et je n’avais pas trop aimé. De Jennifer Weiner, je conseille plutôt « Alors, heureuse ? » 🙂

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