Top Ten Tuesday #21 – 8 avril 2014

Top Ten Tuesday

Pour ce vingt-et-unième TTT, toujours du blog The Broke and the Bookish, voici les dix livres les plus uniques que vous ayez lus (ça peut être la façon dont ils ont été écrits, un genre particulier, un sujet particulier, etc.). La semaine prochaine, le rendez-vous portera sur les dix objets reliés aux livres que vous souhaiteriez acheter.

Alors bien évidemment, quand on me dit de faire quelque chose, je décide de partir dans une autre direction ! Donc ce n’est pas par un livre que je vais commencer cette liste, mais par un poème !

  1. Le poème en « yx » de Mallarmé. J’adore l’aboli bibelot d’inanité sonore, ça roule sous la langue !

    Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
    L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
    Main rêve vespéral brûlé par le Phénix
    Que ne recueille pas de cinéraire amphore

    Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
    Aboli bibelot d’inanité sonore,
    (Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
    Avec ce seul objet dont le Néant s’honore).

    Mais proche la croisée au nord vacante, un or
    Agonise selon peut-être le décor
    Des licornes ruant du feu contre une nixe,

    Elle, défunte nue en le miroir, encor
    Que, dans l’oubli fermé par le cadre, se fixe
    De scintillations sitôt le septuor.

  2. Albertine disparue, de Proust (oui, je reste dans les classiques !). Les descriptions de Venise y sont absolument magnifiques (entre autres !).
  3. Toujours Les Trois Mousquetaires de Dumas, parce qu’on ne change pas son premier amour.
  4. Et puis on va y rajouter Le Comte de Monte-Cristo, parce que Edmond Dantès.
  5. Salomé d’Oscar Wilde. Parce que j’adore Wilde, que c’est une pièce qu’il a écrite en français (et oui !), que sa Salomé est absolument monstrueuse, à la fois petite fille et femme fatale, c’est extrêmement troublant.SALOMÉ
    Iokanaan ! Je suis amoureuse de ton corps. Ton corps est blanc comme le lis d’un pré que le faucheur n’a jamais fauché. Ton corps est blanc comme les neiges qui couchent sur les montagnes, comme les neiges qui couchent sur les montagnes de Judée, et descendent dans les vallées. Les roses du jardin de la reine d’Arabie ne sont pas aussi blanches que ton corps. Ni les roses du jardin de la reine d’Arabie, ni les pieds de l’aurore qui trépignent sur les feuilles, ni le sein de la lune quand elle couche sur le sein de la mer… Il n’y a rien au monde d’aussi blanc que ton corps. – Laisse-moi toucher ton corps !

    IOKANAAN
    Arrière, fille de Babylone ! C’est par la femme que le mal est entré dans le monde. Ne me parlez pas. Je ne veux pas t’écouter. Je n’écoute que les paroles du Seigneur Dieu.

    SALOMÉ
    Ton corps est hideux. Il est comme le corps d’un lépreux. Il est comme un mur de plâtre où les vipères sont passées, comme un mur de plâtre où les scorpions ont fait leur nid. Il est comme un sépulcre blanchi, et qui est plein de choses dégoûtantes. Il est horrible, il est horrible ton corps !… C’est de tes cheveux que je suis amoureuse, Iokanaan. Tes cheveux ressemblent à des grappes de raisins, à des grappes de raisins noirs qui pendent des vignes d’Edom dans le pays des Edomites. Tes cheveux sont comme les cèdres du Liban, comme les grands cèdres du Liban qui donnent de l’ombre aux lions et aux voleurs qui veulent se cacher pendant la journée. Les longues nuits noires, les nuits où la lune ne se montre pas, où les étoiles ont peur, ne sont pas aussi noires. Le silence qui demeure dans les forêts n’est pas aussi noir. Il n’y a rien au monde d’aussi noir que tes cheveux… Laisse-moi toucher tes cheveux.

    IOKANAAN
    Arrière, fille de Sodome ! Ne me touchez pas. Il ne faut pas profaner le temple du Seigneur Dieu.

    SALOMÉ
    Tes cheveux sont horribles. Ils sont couverts de boue et de poussière. On dirait une couronne d’épines qu’on a placée sur ton front. On dirait un noeud de serpents noirs qui se tortillent autour de ton cou. Je n’aime pas tes cheveux… C’est de ta bouche que je suis amoureuse, Iokanaan. Ta bouche est comme une bande d’écarlate sur une tour d’ivoire. Elle est comme une pomme de grenade coupée par un couteau d’ivoire. Les fleurs de grenade qui fleurissent dans les jardins de Tyr et sont plus rouges que les roses, ne sont pas aussi rouges. Les cris rouges des trompettes qui annoncent l’arrivée des rois, et font peur à l’ennemi ne sont pas aussi rouges. Ta bouche est plus rouge que les pieds de ceux qui foulent le vin dans les pressoirs. Elle est plus rouge que les pieds des colombes qui demeurent dans les temples et sont nourries par les prêtres. Elle est plus rouge que les pieds de celui qui revient d’une forêt où il a tué un lion et vu des tigres dorés. Ta bouche est comme une branche de corail que des pêcheurs ont trouvée dans le crépuscule de la mer et qu’ils réservent pour les rois… ! Elle est comme le vermillon que les Moabites trouvent dans les mines de Moab et que les rois leur prennent. Elle est comme l’arc du roi des Perses qui est peint avec du vermillon et qui a des cornes de corail. Il n’y a rien au monde d’aussi rouge que ta bouche… laisse-moi baiser ta bouche.

    IOKANAAN
    Jamais ! fille de Babylone ! Fille de Sodome ! jamais.

    SALOMÉ
    Je baiserai ta bouche, Iokanaan. Je baiserai ta bouche.

  6. Les Trois Contes de Flaubert. J’étais trop jeune à la première lecture, ce n’est qu’à la seconde que j’ai vraiment pris ce texte à sa mesure. Il y a de vraies pépites dans ces contes, notamment dans La Légende de Saint Julien l’Hospitalier, dans la description du banquet. Je ne sais pas vous, mais le nain qui sort du pâté me fait toujours un drôle d’effet !Alors il y eut de grandes réjouissances, et un repas qui dura trois jours et quatre nuits, dans l’illumination des flambeaux, au son des harpes, sur des jonchées de feuillages. On y mangea les plus rares épices, avec des poules grosses comme des moutons ; par divertissement, un nain sortit d’un pâté ; et, les écuelles ne suffisant plus, car la foule augmentait toujours, on fut obligé de boire dans les oliphants et dans les casques.
  7. Orgueil et préjugés, de Jane Austen. Parce que c’est raffiné, élégant, tendre, romantique, prenant…
  8. Oscar et la dame rose d’Éric-Emmanuel Schmitt. Parce que c’est le dernier livre qui m’a vraiment fait pleurer.
  9. Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson. Parce que c’est le dernier livre qui m’a vraiment fait rire.
  10. Et le dixième point représente tous les livres à venir ! Et ils seront très nombreux j’espère.
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