Parutions de la semaine – 03/02/2014

Chaque dimanche, je vais faire un point sur les sorties de la semaine qui m’intéressent, en m’aidant du Livres Hebdo si j’arrive à l’avoir à temps ou en allant sur les sites des éditeurs que je suis. Pas mal de jolies parutions cette semaine !

Égarés, Emma Donoghue, Le Livre de poche : Le départ, la route, l’arrivée : les trois parties de ce recueil de nouvelles marquent les étapes du voyage, de l’errance, de l’exil. Par-delà les époques, l’auteur nous entraîne du Massachusets puritain au New Jersey révolutionnaire, passant par la Louisiane belliqueuse, jusqu’aux bas-fonds sordides de Toronto. Immigrés à la recherche d’une vie meilleure, orphelins transférés, esclaves en quête de liberté, voleurs de grands chemins…, tous sont en mouvement, que ce soit pour partir, arriver, ou découvrir de nouveaux lieux, loin de leurs identités familiale et nationale. Mais dans ces « fictions historiques » (l’auteur a effectué un véritable travail d’historienne), tout n’est pas dramatique, et l’errance peut mener aussi à la découverte de soi. Emma Donoghue imagine les vies qui se cachent entre les lignes des livres d’histoire, les sentiments derrière les dates, les gens derrière les chiffres. Libération.

Que ton règne vienne, Xavier de Moulins, JC Lattès : Deux ans après l’enterrement de son père, Paul revient progressivement à la vie. Jean-Paul a été de ces pères solaires, flamboyants, qu’on se tue à trop aimer. Une enfance de carte postale, un ami à la vie à la mort, un amour absolu… Jean-Paul plane sur la vie de son fils, figure tutélaire écrasante autant qu’admirée. Jusqu’à un soir de novembre 2013, où tout va basculer.
Comment survivre quand le passé a un tel goût de trahison ? Paul en réchappe grâce à la fidélité d’Oscar, son ami d’enfance. Mais il lui reste tout à réapprendre…
Sous ses airs désenchantés, Que ton règne vienne est un vibrant hommage au père, au lien filial. Une illustration parfaite de cette phrase de Jules Renard, qui ouvre le livre en forme de mise en garde : « Un père a deux vies : la sienne et celle de son fils. »

Le diable à Westease, Vita Sackville-West, éditions Autrement : Roger Liddiard, un jeune romancier, raconte les événements troublants qu’il a vécus à Westease, où il s’est installé. Le recteur du village est assassiné et sa fille semble être la coupable idéale. Amoureux de la jeune femme, Liddiard ne veut pas croire en sa culpabilité et mène sa propre enquête. Il soupçonne Wyldbore Ryan, un peintre célèbre, cynique et capricieux.

Le sourire des femmes, Nicolas Barreau, éditions Héloïse d’Ormesson : « L’année dernière, en novembre, un livre m’a sauvé la vie. Je sais que cela peut sembler invraisemblable et pourtant c’est exactement ce qui s’est passé, un jour qui ressemblait à tous les autres. Un jour où mon imbécile de cœur s’était brisé. »
Le hasard n’existe pas ! Aurélie, jeune propriétaire d’un restaurant parisien, en est convaincue depuis qu’un roman lui a redonné goût à la vie. À sa grande surprise, l’héroïne du livre lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Intriguée, elle tente d’entrer en contact avec l’auteur, un énigmatique collectionneur de voitures anciennes qui vit reclus dans son cottage. Qu’à cela ne tienne, elle est déterminée à faire sa connaissance, mais l’éditeur du romancier ne va pas lui faciliter la tâche. S’ensuit une série de rendez-vous manqués et de quiproquos délicieux.
Comédie romantique qui peint avec saveur un Paris chromo et gourmet, Le Sourire des femmes revisite le nouveau désordre amoureux non sans un soupçon de magie et un zeste d’enchantement.

Lily, Daniel Arsand, Libretto : « Épouse et mère, voyageuse parfois, extravagante à ses heures, maman mourut à la clinique Bonvallet, le corps depuis trop longtemps harassé de maux. La pauvre chose qu’elle était rendit l’âme en me parlant de l’amour. Ce lieu où vous êtes raconte une existence tour à tour insignifiante et magnifique, qui couvrit plus de sept décennies de notre siècle. » C’est ainsi que Simon, fils unique de la défunte, inaugure un musée dédié à la mémoire de sa mère. Il sera le propriétaire et le guide des lieux, le gardien des mystères d’une famille qui, de génération en génération, répète les mêmes maux. Témoin d’un siècle frappé du sceau de l’intranquillité, ce fils évoque un univers marqué par les passions, les exils et la Première Guerre mondiale.

L’héritage Dickens, Louis Bayard, Pocket : 1860. Londres vit au rythme de la Tamise qui charrie eaux d’égouts, barriques égarées, et corps de noyés. Tout ce qui flotte revient de droit aux intrépides gosses des rues, et ce qui coule, aux pêcheurs de morts, qui leur font les poches avant de toucher une prime.
Il est loin le temps de l’innocent petit Tim Cratchit qui inspira à Dickens son Conte de Noël.
Tim a grandi et vit dans un bordel. Jusqu’ici, ses expéditions fluviales ne lui ont guère souri. Et quand il remonte le corps d’une fillette, c’est toute la cruauté humaine qui lui adresse un rictus carnassier. Car cette enfant lui en rappelle une autre, elle aussi tuée et marquée au creux du bras de la lettre G…

Les curieuses rencontres du facteur de Skogli, Levi Henriksen, Pocket : Tout plaquer pour devenir facteur dans une bourgade au fin fond de la Norvège. C’est le choix radical qu’a fait le journaliste Simon Smidesang après avoir découvert le scoop de sa vie : sa femme au lit avec un autre.
Mais pour un village paisible et reculé, Skogli abrite bien des excentricités. Et entre un couvreur qui vit sur les toits pour fuir sa douce moitié, une vieille dame qui suspend chaque année devant chez elle les costumes de son défunt mari ou encore une mystérieuse jeune femme cloîtrée dans une maison croulante, les tournées du facteur risquent fort de lui faire prendre un tournant… déroutant.

Le roi des ombres, Eve de Castro, Pocket : Le Versailles de Louis XIV est un panier de crabes ou vingt mille personnes s’agitent dans les ors et les gravats, les complots et les coucheries. Avec pour tous, du plus noble au plus humble, le rêve d’attirer sur soi la lumière.
Le Roi des Ombres conte l’aventure de ceux qu’on n’a jamais regardés. Les petits, les obscurs, les « ombres » qui assèchent les marais, dressent les murs, soufflent la poudre sur les perruques. Ceux qui, dans la boue du chantier ou dans la chambre royale, servent le Grand Siècle à genoux.
Surdouée et risque-tout, la jeune Nine La Vienne veut échapper au sort commun des femmes. Vaurien autodidacte, Batiste Le Jongleur séduit les bâtisseurs du château. Ensemble, pour sortir du néant, ils vont défier les lois de leur temps.

Paradis inhabité, Ana María Matute, 1018 : Nous sommes à Madrid, dans les années vingt. Adriana a six ans et vit dans une famille bourgeoise. Sensible et rêveuse, elle observe le monde des adultes, ces « Géants », et lui oppose avec opiniâtreté une licorne échappée de la trame d’un tapis, blanche, énigmatique et symbole de l’enfance qui s’enfuit. Afin de lutter contre l’angoisse qui la saisit à voir ses parents se déchirer, elle renforce ses liens avec sa tante Eduarda, féminine, indépendante et amoureuse de Michelmonamour. Et voici Adriana maintenant adolescente qui noue une amitié incandescente, sinon une passion, avec un de ses voisins, Gravila. Son univers volera en éclats lorsque la guerre civile incendiera l’Espagne. Roman d’une extrême subtilité, Paradis inhabité évoque l’enfance à jamais enfuie. Une fois de plus, Ana María Matute démontre qu’elle demeure un des écrivains majeurs de notre temps.

La cuisinière, Mary Beth Keane, Presses de la cité

M. Pénombre, libraire ouvert jour et nuit, Robin Sloane, Michel Lafon

Publicités

4 thoughts on “Parutions de la semaine – 03/02/2014

  1. J’ai reçu Le sourire des femmes grâce à la dernière masse critique Babelio. Il a l’air vraiment sympa. Plusieurs me tente dans cette sélection dont Lily, L’héritage Dickens, Les curieuses rencontres du facteur de Skogli et Paradis inhabité. C’est pas bien de nous mettre des merveilles pareilles sous le nez! 😀
    Bonne soirée!

    • Je suis le diable sur l’épaule qui te dit « Mais si, achète tous ces livres et essaye de les ranger dans ton appartement déjà bien plein !! » 😉 Tu me diras pour Le Sourire des femmes, avant j’allais rarement voir du côté d’Héloïse d’Ormesson parce que je ne connaissais pas trop, mais plusieurs de leurs livres me tentent bien…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s