La dernière duchesse

Daisy Goodwin a un style résolument délicieux. (The New York Times)

Cora Cash a tout pour elle : américaine, jeune, belle… et surtout incroyablement riche. Mais en cette fin du XIXe siècle, la seule chose qui lui manque est un titre de noblesse, qu’elle ne peut acquérir sur le Nouveau continent. Cora n’en a que faire contrairement à sa mère qui décide de l’emmener en Angleterre dans l’espoir de donner la main de sa fille à un comte, un prince… En Grande-Bretagne à l’époque, nombreux sont les nobles désargentés, ruinés par des dépenses dispendieuses, et donc tout à fait prêts à accepter un mariage avec une étrangère.
Autant dire que lorsque la jeune femme tombera dans les bras du duc Maltravers, tout le monde pourra se réjouir de la future union. Mais Cora va très vite se rendre compte, entre thé et réceptions, que les langues de vipère et les critiques acerbes ne manquent pas sur son passage. Et ce qu’elle prenait pour une douce partie de plaisir peut très vite tourner au cauchemar…

Ce titre est le premier Milady que je lis. Je m’attendais à une romance à la Harlequin, avec un côté un peu mièvre et dégoulinant, des belles robes à la Sissi et tutti quanti. Et bien j’ai été agréablement surprise. On se plonge dans cette fin de siècle, avec ce côté Belle Époque accentué par la richesse incroyable de Cora, ses bijoux merveilleux et ses tenues à foison. Cependant, derrière tout ce clinquant, elle reste une jeune fille à la langue bien pendue qui cherche à se libérer du carcan d’une mère redoutable, tout en espérant un mariage romantique avec le duc Ivo. Mais lui arrive avec un lourd passé, des sentiments pour une autre qui ne sont pas encore éteints, et des problèmes financiers qui peuvent être résolus de manière bien pratique en la personne de Cora. Nous découvrons également, un peu à la mode Downtown Abbey, la vie des domestiques, et notamment de Bertha, la femme de chambre de la jeune Américaine.

On ne va pas se leurrer, le livre finit quand même en happy end, on reste dans de la romance ; néanmoins tout n’est pas rose, tous les problèmes ne sont pas réglés, certains personnages secondaires, qui ont pu prendre le dessus dans la dernière partie du livre, nous font nous poser encore beaucoup de questions. Et c’est un des points que j’ai vraiment appréciés dans ce récit : tout est en demi-teinte. Il y a du romantisme, certes, mais contrebalancé par une certaine noirceur. Il y a des bals somptueux, mais avec des drames et des non-dits qui se jouent en fond. Il y a des amitiés, mais avec de la jalousie. Il y a de l’amour, mais ou trop, ou trop peu, ou mal dit.

Au final, une jolie surprise, malgré quelques coquilles notamment dans les prénoms des personnages. À noter le titre américain, The American Heiress (L’Héritière américaine), qui me semble convenir davantage au texte.

La dernière duchesse, Daisy Goodwin, Milady, 2013

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