La trilogie berlinoise

Un livre qui a traîné longtemps dans ma bibliothèque, et qui pourtant vaut vraiment le détour !

La Trilogie berlinoise narre les aventures et déboires de Bernahrd (ou Bernie) Gunther, détective privé. Jusque-là rien de transcendant, si ce n’est l’époque à laquelle se déroulent ces trois titres : 1936 pour L’été de cristal, 1938 pour Une pâle figure, puis un saut dans le temps de 10 ans, 1947 pour Un requiem allemand. Ce qui est le plus frappant, c’est de remarquer qu’il n’y a pas forcément de différences entre la période nazie et l’après-guerre, voire c’est même pire. Dans les livres d’histoire, nous apprenons toujours la date de la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis nous passons très rapidement sur les années suivantes (« alors là il y a eu la reconstruction de l’Allemagne… »). Or ce livre nous fait réaliser que la guerre ne s’arrête pas d’un coup. Qu’il y a des représailles. Des charognards toujours les premiers pour dévorer les restes. Les problématiques ne sont plus les mêmes, mais pour le « petit peuple », c’est la même souffrance quotidienne : trouver de quoi se nourrir, comment se chauffer, reconstruire une vie dans un pays ravagé.

Cette ambiance, ce décor planté est le premier point très positif. Le second concerne le héros, Bernie. Notre détective n’apprécie pas trop le régime nazi, c’est le moins que l’on puisse dire – encore que ce soit peut-être plus par refus d’une autorité quelconque – mais il ne va pas non plus chercher à le renverser, faisant même partie de la Kripo, le service de la police criminelle. Philip Kerr a réussi à en faire quelqu’un d’assez exceptionnel mais en même temps avec des réactions qui rapprochent du lecteur et un humour très présent. Il y a à la fois en lui le côté « bon gars » qui essaye de survivre, et de l’autre cette bravoure et ce courage qui l’amènent dans des situations rocambolesques pour sauver des vies. Spécialisé dans les personnes disparues (ce qui ne manque pas à l’époque), Gunther croisera sur sa route les (réels) dirigeants du parti, Goering par exemple.

Je ne vais pas revenir en détails sur les trois enquêtes, car c’est vraiment l’atmosphère mise en scène par Kerr qui est l’élément central du roman, et résumer ces différentes aventures ne serait pas très pertinent.

Il n’y a pas à dire, c’est un très grand roman policier.

La Trilogie berlinoise, Philip Kerr, Le Masque, 2008

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