Le Couloir de la mort

Sans mauvais jeu de mots : une tuerie !

Sam Cayhall attend depuis près de dix ans dans le couloir de la mort. Ancien membre du KKK, accusé d’avoir posé une bombe ayant tué les deux fils d’un avocat qui militait en faveur des droits des Noirs dans les années 1960, le vieil homme voit ses jours décomptés avant la chambre à gaz. Sans nouvelles de sa famille qui a coupé les ponts depuis son jugement, il ne s’attend pas à rencontrer son petit-fils, Adam Hall, tout jeune avocat, qui décide, malgré le dégoût que lui procure ce grand-père, de plaider sa défense et de tout faire pour lui éviter la peine de mort. Entre les histoires de famille (glauques) et les démarches à faire auprès des différents tribunaux pouvant communier la peine du prisonnier, la rencontre entre Sam et Adam n’est pas de tout repos. Et pourtant, le jeune homme s’accroche à ce grand-père, dans l’horreur de la prison et des potentielles dernières heures qu’ils passent ensemble…

Si vous penchez davantage vers le suspense, préférez La Firme. En terme de claque qui vous secoue jusqu’au plus profond de vous, prenez Le Couloir de la mort. Il y a quelques longueurs, mais quel brio ! Lorsque l’on entend des faits divers atroces aux informations, chacun se dit que l’ordure qui a fait ça mériterait la peine de mort. Et pourtant, Grisham, avec ce sublime plaidoyer contre la peine de mort, arrive à chambouler les idées reçues du lecteur. Sam est tout sauf un enfant de chœur. Raciste, antisémite, violent… Un salaud, un vrai. Et pourtant jusqu’au bout on espère pouvoir le sauver. Jusqu’au bout on se dit que le procureur/les tribunaux vont prendre en pitié ce pauvre vieux. On est dans du pur Grisham : il peut tout arriver dans les dernières pages.

De temps en temps, l’auteur nous pique avec un petit rappel des condamnations de Cayhall : la mort de deux petits jumeaux de 5 ans, le suicide de leur père quelques années après, une famille détruite. Mais il suffit d’une description, celle de la chambre à gaz (dans le genre atrocité légale, il n’y a pas mieux), et vous avez juste envie de pleurer. Vous souffrez pour Sam comme vous souffrez pour ses compagnons d’infortune (responsables de meurtres, de viols, de tortures…). Et en même temps, vous vous haïssez de prendre pitié d’eux.

Ce n’est sûrement pas un livre que je relirais. Par contre c’est un livre à avoir lu au moins une fois. Bien que l’horreur des crimes commis ne soient pas niée, loin de là, en refermant ce roman, on a compris que le statut d’assassin est celui du prisonnier, mais également celui du juge et des jurés ayant statué pour la peine de mort. Le pire des deux ? On préfère ne pas se poser la question.

Le Couloir de la mort, John Grisham, Pocket, 1997

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